Des hommes portant des perruques… Comment le peuple Holi de Papouasie-Nouvelle-Guinée préserve-t-il des traditions séculaires ?
Ses traditions uniques en ont fait un lieu d'intérêt pour les chercheurs.

Écrit par Omnia Hassan
Haut perché dans les montagnes de la province Hila En Papouasie-Nouvelle-Guinée, vit le peuple Huli, l'un des groupes ethniques les plus importants et les plus distinctifs du pays.
Alors que le rythme de la vie moderne s'accélère partout dans le monde, ce peuple conserve des traditions uniques qui en ont fait le centre d'attention des chercheurs, des photographes et des touristes, notamment la tradition des “ Huli Wigmen ”.
Un peuple ancien au cœur des hautes terres
Les Holi appartiennent aux peuples autochtones mélanésiens, qui sont plus de 250 000, et qui dépendent traditionnellement de l'agriculture, notamment de la culture de la patate douce, qui constitue leur aliment de base, tandis que les porcs occupent une place importante dans leur vie sociale et cérémonielle, car ils sont utilisés lors d'occasions et de rituels traditionnels.

La vie communautaire repose sur un système de clans et la propriété foncière, ainsi que sur un ensemble de règles sociales qui régissent les mariages, les alliances et les relations entre les membres de la communauté.
Un long chemin vers l'âge adulte
Ce qui distingue le plus les habitants de Holi, c'est la tradition de fabriquer des perruques à partir des cheveux des hommes eux-mêmes. Ce parcours commence dès l'enfance, lorsque les garçons quittent le foyer maternel entre huit et quinze ans pour vivre avec leur père ou des parents masculins, où ils apprennent les rôles et les responsabilités des hommes ainsi que les traditions de la société.

Pendant ces années, elles laissent pousser leurs cheveux avec beaucoup de soin, et ceux-ci sont mis en forme à l'aide de fibres végétales et de matériaux naturels jusqu'à ce qu'ils acquièrent la forme ronde caractéristique requise pour la fabrication de perruques.
Un symbole d'identité et d'appartenance
Lorsque les cheveux atteignent la longueur appropriée, ils sont coupés et remis à un spécialiste appelé ” maître perruquier ”, qui les transforme en une pièce cérémonielle unique, parfois ornée de plumes, de feuilles et de coquillages.
L'achèvement de ce processus est une condition importante avant le mariage, et il représente une déclaration officielle du passage du jeune homme à l'âge adulte et de sa reconnaissance par la société comme un homme à part entière.
Un héritage qui résiste au temps
Lors des célébrations, des danses et des grands événements sociaux, les hommes portent ces cheveux empruntés, tout en se maquillant le visage en jaune, rouge et blanc, couleurs extraites de matières naturelles, qui véhiculent des connotations liées à la force, à la fertilité et aux esprits ancestraux.
Malgré l'intégration de nombreux adeptes de Holi à la vie économique et politique moderne, ces rituels constituent toujours une partie essentielle de leur identité culturelle, témoignant de la capacité des peuples autochtones à préserver leur patrimoine dans un monde en pleine mutation.



