Sally Ngwere : Une réalisatrice kenyane qui transforme les déchets en récits pour sensibiliser le public
Un réalisateur kenyan utilise le film documentaire pour exposer l'ampleur de la crise des déchets

Écrit par : Mohammed Omran
Un tas de déchets C'est une scène ordinaire que beaucoup ignorent, mais pour la réalisatrice kenyane Sally Ngwere, elle représente une histoire plus profonde liée à la consommation, à la justice sociale et aux choix qui façonnent la vie des sociétés.
À travers ses œuvres cinématographiques, Ngweri cherche à mettre en lumière ces histoires négligées, souvent cachées derrière les scènes d'ordures du quotidien.
Sally Nguiri utilise le cinéma documentaire pour mettre en lumière la crise des déchets.
Lors d'une projection au Centre culturel français de Nairobi, le public s'est réuni pour visionner un documentaire qui révèle la réalité des déchets sous un angle différent : le problème ne se limite pas à la pollution environnementale, mais touche également la vie des gens, leurs moyens de subsistance et les inégalités sociales qui en découlent. Au fil du récit, il apparaît clairement que les déchets ne sont pas de simples ordures, mais le reflet direct des modes de consommation de la société.
Sally Nguyeri explique que son objectif avec son film “ The Other Life of Waste ” est de sensibiliser le public à l’impact des comportements quotidiens sur l’environnement, en soulignant que la responsabilité du changement commence par les individus et s’étend aux générations futures.
Elle ajoute que pour elle, le cinéma n'est pas seulement un moyen de divertissement, mais un outil d'influence sociale et de questionnement sur la justice et la consommation.
Les études environnementales indiquent qu'une grande partie des déchets dans les pays à faible revenu n'est pas correctement gérée, une grande partie finissant dans des décharges à ciel ouvert ou étant brûlée, ce qui reflète l'ampleur du défi environnemental auquel sont confrontés de nombreux pays africains face à une urbanisation rapide.
Forte de son expérience personnelle, Nguiri confirme que sa passion pour le cinéma a débuté durant ses années d'école, avant de s'épanouir grâce à une formation et des études spécialisées. C'est là qu'elle a découvert que le cinéma pouvait être le reflet de la réalité et un moyen percutant de présenter les problématiques de société. Dès lors, elle s'est tournée vers la production de films abordant des sujets tels que l'égalité des sexes et le changement climatique.
Nguyeri estime que les déchets révèlent clairement les inégalités sociales au sein des sociétés, les groupes à faibles revenus en subissant les conséquences les plus graves, que ce soit en vivant près des décharges ou en travaillant dans la collecte et le tri des déchets, tandis que les groupes plus riches restent à l'abri de ces risques.
Par le biais de sa société de production, elle cherche également à soutenir les jeunes talents, notamment les femmes, en leur offrant des opportunités de formation pratique dans l'industrie cinématographique, convaincue que le plus grand défi auquel sont confrontés les jeunes créateurs est le manque d'opportunités, et non le manque de talent.

Malgré son succès, Nguiri rencontre d'importantes difficultés pour obtenir des financements pour ses films engagés, ainsi qu'un certain scepticisme quant à la capacité des jeunes réalisatrices à gérer des productions d'envergure. Elle poursuit néanmoins ses projets, convaincue que la foi en son idée et la collaboration avec la communauté sont les clés de sa réussite.
Nguiri conclut sa vision en soulignant que le cinéma est capable de changer la façon de penser des gens, non pas en fournissant des réponses toutes faites, mais en soulevant des questions et en sensibilisant aux problèmes environnementaux et sociaux, au premier rang desquels figure la crise des déchets, devenue un problème mondial complexe.



