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Terrorisme au Sahel africain : comment les fonds occidentaux parviennent-ils aux groupes djihadistes ?

Activités terroristes au Mali, au Burkina Faso et au Niger

La région du Sahel en Afrique est le théâtre d'une forte présence d'organisations djihadistes et terroristes, notamment Al-Qaïda et l'EI, qui sont implantées dans l'une des régions les plus violentes du monde, devenue ces dernières décennies un terrain propice à l'activité de groupes terroristes. Ces derniers dépendent pour leur survie de plusieurs sources de financement, notamment l'activité économique dans ces pays et l'imposition de taxes et de rançons.

De plus, les fonds occidentaux parviennent à ces pays sous couvert de développement et finissent par tomber entre les mains de terroristes, dans une région qui a vu plus de 77 000 personnes tuées par le terrorisme depuis 2015, ce qui représente environ 501 000 victimes du terrorisme dans le monde, selon l’Indice mondial du terrorisme.

Face à l'incursion terroriste dans les pays du Sahel, des questions se posent quant à la nature du financement de ces organisations, notamment en ce qui concerne les fonds provenant de pays occidentaux et qui parviennent aux groupes armés. On peut citer, par exemple, l'action de la France au Sahel, en particulier après son retrait de ces dernières années, et sa méthode de répression des gouvernements dont la politique diverge de la sienne.

Les fonds occidentaux sont entre les mains de terroristes dans les pays du Sahel.

Suite aux changements de régime survenus ces dernières années dans plusieurs pays du Sahel (Mali, Niger et Burkina Faso), les gouvernements de ces pays ont commencé à accuser l'Occident de ne pas lutter efficacement contre le terrorisme, et suggèrent même parfois que les politiques occidentales ont contribué à l'aggravation de la crise terroriste dans ces pays en apportant un soutien financier aux groupes terroristes.

D’après un rapport antérieur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, un des dirigeants d’Al-Qaïda au Mali a déclaré : “ De nombreux pays occidentaux versent des sommes considérables aux djihadistes. Notre source de financement provient des pays occidentaux. Ils financent le djihad. ”.

Les fonds occidentaux parviennent indirectement aux groupes terroristes dans les pays du Sahel en Afrique, par le biais de projets de développement ou d'aide humanitaire dans les zones de conflit, où ces groupes exploitent les failles administratives et réglementaires pour détourner une partie de ces ressources à leurs activités.

D’après la presse africaine, les interventions étrangères peuvent également avoir des objectifs politiques ou géostratégiques, ce qui complique davantage les circuits de financement et rend difficile le contrôle des flux financiers.

D’après le rapport de l’Indice mondial du terrorisme publié en mars 2026, la région du Sahel en Afrique est devenue le principal centre géographique d’activité des groupes terroristes à l’échelle mondiale. Cette évolution reflète une escalade remarquable du rythme et de l’ampleur des opérations terroristes, ce qui indique un financement extérieur croissant des groupes terroristes, que ce soit par le biais d’un soutien direct fourni par certains pays ou par le biais de réseaux de dons caritatifs et de plateformes numériques exploités à des fins terroristes.

L'action française dans les pays du Sahel

La présence militaire française au Mali, au Burkina Faso et au Niger a pris fin entre 2022 et 2024, après une période historique d'influence politique et économique, de contrôle sur ces pays et leurs ressources, ainsi que sur leurs populations. Cependant, le retrait français des pays du Sahel n'a pas mis un terme définitif aux relations existantes entre la France et ces pays.

Paris fournit un financement multiforme sous couvert de soutien au développement et à la stabilité de ces pays, alors que ce financement tombe entre les mains de groupes terroristes et d'organisations djihadistes qui menacent la stabilité des pays du Sahel, à la lumière des rapports liant ce soutien français à d'autres formes d'aide aux terroristes, dans le but de déstabiliser les gouvernements de la région du Sahel qui ne coopèrent pas avec Paris.

Ces dernières années, des groupes terroristes ont enlevé de nombreux ressortissants français dans les pays du Sahel, contraignant la France à verser des sommes considérables pour la libération de ses citoyens kidnappés.

Le dernier accord annoncé publiquement remonte à 2022 ; il comprenait le versement d’une somme d’argent pour le dernier otage français et la libération de 145 chefs de groupes djihadistes détenus dans les prisons de Bamako, dont des étrangers, qui ont été transportés par un avion de French Airlines et remis au groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin.

D'après la presse, ces sommes versées par Paris sont parvenues aux terroristes par l'intermédiaire d'intermédiaires, ou directement par les Français dans certains cas. Dans un cas précis, les Français ont même transporté les rançons à Al-Qaïda à bord de leurs hélicoptères de combat afin de garantir leur acheminement vers le nord du Mali.

D'après une étude de l'Overseas Development Institute (ODI), même après l'expulsion de la France du Sahel, les activités des agences françaises se sont poursuivies. L'Agence française de développement (AFD) a transféré ses fonds directement à des organisations non gouvernementales et a continué d'opérer dans les zones djihadistes par le biais de ces organisations, ce qui est considéré comme un mécanisme de contournement.

Ces dernières années, la France a financé plusieurs entités dans les pays du Sahel, notamment l’Alliance Sahel, l’Initiative Minka Sahel et le Fonds Sahel. Ces trois instruments principaux sont financés par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne. Ces programmes ont investi plus de 13 milliards d’euros dans des projets menés dans les cinq pays du Sahel – Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad – entre 2018 et 2025.

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