Une grave crise au Kenya : la pénurie de contraceptifs soulève des inquiétudes sanitaires et sociales.
Le manque de protection au Kenya suscite des inquiétudes quant à une augmentation des maladies sexuellement transmissibles.

Écrit par : Badr Ahmed
Le Kenya traverse une grave crise en matière de planification familiale, suite à une pénurie persistante de fournitures médicales pour les contraceptifs pendant plusieurs mois consécutifs, ce qui suscite des inquiétudes croissantes quant à l'augmentation des taux de grossesses non désirées et d'avortements, en plus des répercussions sociales et sanitaires généralisées.
L'Autorité kényane des approvisionnements médicaux (KEMSA) a signalé que les stocks nationaux de contraceptifs ont atteint des niveaux critiques, la plupart des articles étant inférieurs au minimum recommandé de 16 mois de stock de réserve.
Le manque de protection au Kenya suscite des inquiétudes quant à une augmentation des maladies sexuellement transmissibles.
Les produits les plus touchés sont les injections de Depo-Provera à action prolongée, d'autres méthodes injectables et les pilules contraceptives quotidiennes, qui sont totalement épuisées dans certains établissements de santé.
Cette pénurie se répercute directement sur les communautés pauvres, notamment dans les bidonvilles comme Kibera, dans la capitale Nairobi, où de nombreuses familles dépendent des services de santé publics.
Les médias locaux ont rapporté les propos de femmes de la région affirmant qu'elles rencontrent des difficultés quotidiennes pour se procurer des contraceptifs, ce qui leur cause une forte pression psychologique et sociale et affecte la stabilité de la vie familiale.
Les rapports de terrain indiquent que certaines femmes ont recours à l'achat de pilules d'urgence P2 à des prix relativement élevés, compte tenu de leur rareté, ce qui augmente leur fardeau financier.
Les hommes de la région ont également signalé que le manque d'équipements de protection, tels que les préservatifs, contribuait à une anxiété accrue concernant la propagation des maladies sexuellement transmissibles, ainsi que les grossesses non désirées.

Selon les travailleurs sociaux, la crise a également engendré des tensions au sein des familles, avec des conflits découlant d'un manque de moyens d'organisation, ce qui a affecté la confiance et les relations conjugales, à un moment où les pressions économiques sur les familles à faibles revenus augmentent.
Le problème est parvenu jusqu'au Parlement kényan, où certains députés ont décrit la crise comme résultant de pénuries de financement structurelles et du manquement du gouvernement à ses engagements envers ses partenaires internationaux en matière d'augmentation du financement national des programmes de santé reproductive.
Dans le même contexte, les centres de santé locaux ont mis en garde contre de graves répercussions si la situation actuelle perdure, soulignant une augmentation significative dans certains cas liée à la faiblesse des services de planification familiale, notamment une hausse des infections sexuellement transmissibles chez les jeunes.
Les experts de la santé avertissent qu'une pénurie persistante de contraceptifs pourrait entraîner une crise de santé publique plus importante si des mesures urgentes ne sont pas prises pour sécuriser les approvisionnements et rétablir les services de santé essentiels dans le pays.



