Le déclin de l'industrie diamantaire du Botswana pousse le pays à développer ses liens avec le Golfe et l'Europe.
Accélérer le rythme de la diversification économique

Le Botswana cherche à diversifier son secteur minier, car la chute prolongée des prix du diamant met en évidence les limites de son modèle économique, incitant le pays à développer ses relations avec les États arabes du Golfe et l'Europe.
À cet égard, le président Douma Poko, lors d'une visite au sultanat d'Oman cette semaine, a annoncé un accord d'exploration conjoint entre l'Institut des géosciences du Botswana et la Société omanaise de développement des minéraux.
Cet accord fait suite à une visite effectuée en France il y a quelques jours, où l'investissement dans le secteur minier était également un point central, soulignant une stratégie plus large visant à attirer de nouveaux partenaires.
Les prix des pierres précieuses naturelles sont en baisse.
Les diamants représentent environ 701 TP3T des exportations du Botswana, un tiers des recettes publiques et un quart de son PIB. Cependant, le secteur est sous pression depuis plus de trois ans, pénalisé par la baisse des prix des pierres précieuses naturelles et la concurrence accrue des diamants synthétiques.
Debswana, principal producteur du pays et coentreprise entre l'État et De Beers, a réduit sa production de 401 TP3 tonne entre 2023 et 2025. L'impact a été considérable, contribuant à une rare récession à double creux, l'économie se contractant de 2,81 TP3 tonne en 2024 et de 0,41 TP3 tonne en 2025.
En réponse, le gouvernement du Botswana tente d'accélérer les efforts de diversification qui sont discutés depuis longtemps mais qui n'ont été que partiellement mis en œuvre.

Un potentiel inexploité attire l'intérêt étranger
Depuis son entrée en fonction en octobre 2024, le président du Botswana, Douma Poko, a intensifié ses efforts pour attirer les investisseurs internationaux. À Paris, il a exhorté les entreprises françaises à explorer les opportunités offertes par le secteur minier botswanais.
Orano a déjà obtenu des permis pour l'exploration d'uranium, au moment même où la France cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement suite à l'évolution de la situation au Niger.
Dans la région du Golfe, l'accord avec Oman fait suite à des engagements antérieurs du Qatar. En août 2025, Al Mansour Holding, dirigée par le cheikh Mansour bin Jaber bin Jassim Al Thani, a signé un accord d'investissement de 12 milliards de dollars couvrant de multiples secteurs, dont l'exploitation minière.
Ces partenariats reposent sur de vastes ressources inexploitées : le Botswana posséderait environ 800 000 tonnes de réserves d’uranium, et des projets comme celui de Littlehakan au Botswana, développé par la société australienne Lotus Resources, pourraient produire jusqu’à 3 millions de livres d’uranium par an pendant une décennie.

Le gouvernement du Botswana affirme qu'environ 701 TP3T de terres du pays restent inexplorées, offrant un potentiel considérable de découvertes futures. Le cuivre, l'or, le graphite et le minerai de fer figurent parmi les cibles prioritaires des plans d'exploration actuels.
Bien que les diamants dominent encore le marché, la diversification économique se met progressivement en place dans le pays. Par exemple, le Botswana a établi une capacité de production de cuivre de plus de 100 000 tonnes par an grâce à deux mines en exploitation : Motheo, exploitée par une entreprise australienne, et Khoimacao, exploitée par une entreprise chinoise.



