Les États-Unis injectent 1,3 milliard de dollars dans le secteur de la santé en Tanzanie
Un nouvel accord suscite des controverses sur la souveraineté et les données
Écrit par Ziad Abdel Fattah :
Les États-Unis et la Tanzanie ont signé un nouveau protocole d'accord visant à injecter plus de 1,3 milliard de dollars d'investissements dans le secteur de la santé tanzanien sur 5 ans, dans le cadre d'une stratégie américaine visant à renforcer la capacité des pays africains à financer et à gérer leurs systèmes de santé, alors que le débat se poursuit sur les clauses d'accords similaires conclus par Washington avec d'autres pays du continent.
Selon un communiqué de l'ambassade américaine en Tanzanie, les États-Unis se sont engagés à investir plus de 1,3 milliard de dollars, tandis que le gouvernement tanzanien a promis d'allouer 1,8 milliard de dollars supplémentaires au secteur de la santé au cours de la même période, dans le cadre d'un partenariat visant à renforcer les services de santé essentiels et à lutter contre les maladies infectieuses.
L'accord s'inscrit dans le cadre de l'initiative “America First for Global Health” lancée par l'administration du président américain Donald Trump, qui vise à réduire la dépendance des pays à faible revenu à l'aide extérieure, en soutenant la construction de systèmes de santé plus durables et capables de s'autofinancer.
L'engagement des deux pays à prévenir la propagation des maladies infectieuses
Le communiqué américain a souligné que l'investissement conjoint reflète l'engagement des deux pays à prévenir la propagation des maladies infectieuses et à renforcer la capacité de la Tanzanie à financer, gérer et pérenniser les services de santé essentiels.
En contrepartie, des accords similaires conclus par les États-Unis avec des pays africains, notamment le Kenya, le Rwanda et l'Ouganda, ont suscité une large controverse en raison de préoccupations concernant les clauses relatives à l'accès aux ressources minérales, à l'échange de données de santé personnelles et de matières biologiques.
La Zambie avait précédemment rejeté tout lien entre la coopération sanitaire et l'accès à ses richesses minérales, tandis qu'un tribunal kenyan avait suspendu en décembre dernier l'exécution d'une partie d'un accord sanitaire avec les États-Unis, dans l'attente du jugement d'une action en justice concernant la protection de la vie privée des données.
Pour sa part, le ministre tanzanien de la Santé, Mohammed Mchengerwa, a souligné que le nouvel accord ne contient aucune disposition permettant l'échange d'échantillons de laboratoire avec les États-Unis.
Le ministre a précisé, lors de la cérémonie de signature, que tous les échantillons biologiques de Tanzanie, y compris ceux liés aux épidémies et aux maladies infectieuses, seraient examinés, stockés et gérés sur le territoire tanzanien, affirmant que l'accord n'affectait pas la souveraineté de son pays sur ses données ni sur ses ressources biologiques.


