Malgré l'opposition des États-Unis, Paris déploie des efforts diplomatiques pour réintégrer l'Afrique du Sud aux réunions du G20.
L'Afrique du Sud est membre à part entière.

Écrit par Omnia Hassan
Témoignant de l'intensification de l'activité diplomatique européenne au sein des instances internationales, la France a demandé la réintégration de l'Afrique du Sud à la table des réunions du G20, suite à une décision américaine antérieure de l'exclure, décision qui avait suscité une vive controverse dans les cercles politiques internationaux.
Exclusion controversée et escalade de la crise diplomatique
L’invitation française est intervenue suite à la décision prise en novembre dernier par le président américain Donald Trump d’exclure Pretoria des réunions du groupe, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre Washington et Pretoria.

Cette décision a empêché la délégation sud-africaine de participer aux réunions initiales qui avaient déjà eu lieu, ce que plusieurs pays ont considéré comme une mesure unilatérale violant les normes suivies au sein du groupe.
La position claire de la France : “ L’Afrique du Sud est un membre à part entière. ”
Lors d'une conférence de presse tenue à Johannesburg, l'ambassadeur de France en Afrique du Sud, David Martinon, a souligné que son pays insistait sur le retour immédiat de Pretoria aux réunions du groupe, affirmant que son exclusion était arbitraire et ne reposait sur aucun fondement institutionnel au sein du G20.
Il a expliqué que Paris soulève régulièrement cette question auprès des délégués diplomatiques, se fondant sur la ferme conviction que l'Afrique du Sud est un membre fondateur et permanent du groupe, et qu'aucun pays n'a le droit de prendre une décision unilatérale pour l'exclure.
Le soutien européen et latino-américain à la position de Pretoria
La position française n’était pas isolée, l’Allemagne annonçant rapidement son intention d’œuvrer pour persuader Washington de revenir sur sa décision, tandis que le Brésil rejoignait plus tard les pays soutenant le droit de l’Afrique du Sud à une pleine participation.
Ce rapprochement international a relancé le débat sur les mécanismes de prise de décision au sein du G20 et sur les limites de l'influence unilatérale dans un forum censé reposer sur un consensus collectif.
Sommet de Johannesburg et boycott américain
Les racines de la crise remontent à l'année dernière, lorsque Trump a boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg, un premier signe de tensions dans les relations entre les deux pays, avant que la question ne se transforme plus tard en une décision d'exclusion formelle.
Le sommet du G7 et une nouvelle alternative africaine
Dans un autre ordre d'idées, l'ambassadeur de France a évoqué le prochain sommet du G7 en France, expliquant que l'invitation avait été adressée au Kenya plutôt qu'à l'Afrique du Sud, bien que Pretoria ait figuré initialement sur la liste des invités.
Il a noté que la sélection du Kenya s'inscrit dans le cadre d'une approche française visant à considérer l'initiative “ Africa Forward ” comme un axe prioritaire de la présidence française du groupe cette année.
“ Africa Forward ” depuis Nairobi
Le sommet “ Africa Forward ”, fruit d’un partenariat entre la France et le Kenya, devrait se tenir à Nairobi le 11 mai, dans l’attente des messages politiques qu’il véhiculera, notamment au vu des tensions internationales actuelles et du débat diplomatique en cours concernant la position de l’Afrique du Sud dans les principales instances internationales.



