Violences obstétricales en République démocratique du Congo : une crise silencieuse éclate au grand jour.
La crise des violences faites aux femmes au Congo...

Écrit par : Qusay Ahmed
Un incident choquant survenu dans un hôpital de la République démocratique du Congo a mis en lumière une crise croissante de violence à l'égard des femmes lors de l'accouchement, un phénomène désormais qualifié de systématique au sein de certains établissements de santé.
Violences lors de l'accouchement en République démocratique du Congo
L'affaire a éclaté après la diffusion d'une vidéo montrant un médecin agressant physiquement une femme après son accouchement dans une salle d'opération de la capitale, Kinshasa, provoquant une vague d'indignation tant au niveau populaire qu'officiel.
La Première ministre Judith Suminua a condamné l'incident, le qualifiant d'inacceptable, tandis que la Première dame Denise Tshisekedi a exigé que les responsables soient tenus de rendre des comptes.

Bien que l'incident semble exceptionnel dans sa documentation, les militants affirment qu'il reflète une réalité récurrente.
Les organisations de défense des droits humains affirment que les cas de violence obstétricale incluent les violences verbales, les coups et les interventions médicales coercitives, souvent pratiquées sans le consentement de la patiente.

Les données de l'Organisation mondiale de la santé indiquent que le taux de mortalité maternelle dans le pays est de 427 décès pour 100 000 naissances, ce qui est parmi les plus élevés au monde, reflétant la faiblesse de l'infrastructure sanitaire et la pénurie de personnel qualifié.
Dans ce contexte, le Syndicat des médecins a révélé que le pays souffre d'une grave pénurie de sages-femmes, avec une sage-femme pour 16 000 habitants, contre un taux recommandé au niveau mondial d'une pour 5 000.
L’affaire a été portée devant les tribunaux, où le médecin impliqué a été reconnu coupable, mais a écopé d’une peine de prison avec sursis, après avoir justifié ses actes en affirmant qu’il essayait de sauver la vie du patient compte tenu du manque de ressources, notamment l’absence d’anesthésie.
Cependant, les militants estiment que le problème est plus profond qu'un simple incident isolé, arguant que la culture sociétale et les jugements moraux, notamment à l'égard des femmes non mariées, jouent un rôle dans la justification de ce type de violence.
Face à la pression croissante, les autorités sanitaires se sont engagées à revoir les programmes de formation des médecins et à améliorer les conditions de travail dans les hôpitaux, afin de contenir la crise et d'empêcher qu'elle ne se reproduise.



