Yoweri Museveni appelle les Ougandais à former un front populaire contre la corruption.
Appel présidentiel à tenir les contrevenants responsables

Écrit par Amina Hassan
Le président ougandais Yoweri Museveni a lancé un appel direct aux citoyens pour qu'ils participent activement à la lutte contre la corruption, affirmant que la responsabilité des auteurs d'infractions financières n'incombe pas uniquement à l'État, mais est une responsabilité collective partagée par l'ensemble de la société.
Il a souligné que la corruption entrave le développement national, compromet la qualité des services publics et ébranle la confiance des citoyens dans les institutions étatiques.
La lutte contre la corruption est une responsabilité constitutionnelle pour tous.
Son assistante spéciale du président pour la lutte contre la corruption, Rebecca Atweyne, a transmis les assurances du président selon lesquelles la constitution ougandaise impose à chaque citoyen le devoir de lutter contre la corruption.
Museveni a souligné que le fait pour les individus de ne pas signaler ou de combattre les pratiques de corruption équivaut à une complicité indirecte, appelant à l'instauration d'une culture de responsabilité publique dans divers secteurs.
Numériser les services et améliorer la transparence
Le président a proposé une stratégie multidimensionnelle pour lutter contre ce fléau, fondée sur la numérisation des services publics afin de réduire les contacts directs susceptibles de favoriser la corruption, ainsi que sur un renforcement de la participation citoyenne au contrôle de l'action gouvernementale. Il a également plaidé pour des interventions ciblées dans les secteurs les plus vulnérables à la corruption, afin de garantir une gestion plus transparente et efficace des ressources.

Atweyne a expliqué que le gouvernement cherche à canaliser l'énergie créative des Ougandais, plutôt que de contourner les procédures légales et administratives, grâce à un programme national en dix points visant à bâtir une société exempte de corruption. Ce programme met l'accent sur le renforcement de l'intégrité institutionnelle et la mise en place de mécanismes de contrôle et de responsabilisation.
Des chiffres alarmants et des défis de mise en œuvre
D'après les données de la Coalition ougandaise de lutte contre la corruption, la corruption est profondément enracinée dans plusieurs secteurs et constitue un obstacle majeur au développement économique et à la réduction de la pauvreté. Les chiffres indiquent que 381 000 personnes ont dû verser des pots-de-vin pour obtenir des services publics l'année dernière.
Bien que le cadre juridique anticorruption de l’Ouganda soit relativement avancé grâce à la promulgation de nouvelles lois, sa faible mise en œuvre, notamment dans les affaires de corruption majeures, demeure le principal obstacle à l’obtention de résultats concrets.
En Ouganda, la loi anti-corruption de 2009, principal cadre juridique de lutte contre la corruption dans le pays, prévoit des sanctions sévères pour les infractions de corruption. Selon cette loi, tout acte de corruption, tel que l'acceptation ou l'offre de pots-de-vin, l'abus de position à des fins personnelles ou le détournement de fonds publics, constitue une infraction pénale passible d'une peine d'emprisonnement et d'une amende.



