Le Niger lance un programme de formation d'imams pour lutter contre l'extrémisme
Le Niger promeut un discours modéré en formant des imams et des prédicateurs.

Écrit par : Badr Ahmed
Un atelier de formation spécialisé visant à renforcer le rôle des imams et des prédicateurs dans la prévention de l'extrémisme violent a été lancé à Niamey, la capitale nigérienne, dans le cadre des efforts nationaux et régionaux visant à consolider le discours de la modération et à lutter contre la pensée extrémiste, face à l'escalade des défis sécuritaires dans la région du Sahel.
Le Niger promeut un discours modéré en formant des imams et des prédicateurs.
L'atelier, accueilli par le Centre international de conférences Mahatma Gandhi, réunit une vingtaine d'imams et de prédicateurs venus de différentes régions du Niger. Il est organisé par l'Association des érudits, prédicateurs et imams du Sahel (LOPIS), en collaboration avec l'Unité d'intégration et de liaison de l'UFL, et se déroule sur trois jours.
Le programme de formation est axé sur des thèmes liés à la construction d'une unité intellectuelle, au démantèlement du discours extrémiste et au renforcement du rôle des chefs religieux dans la diffusion des valeurs de tolérance et de modération, en plus de fournir aux participants des mécanismes pratiques pour comprendre le phénomène de l'extrémisme violent et corriger les idées fausses exploitées par les groupes extrémistes pour justifier la violence au nom de la religion.

Le président de l'Association des érudits, prédicateurs et imams de la côte, le Dr Abubakr Waler Madou, a confirmé que cette initiative s'inscrit dans une stratégie globale visant à accroître l'efficacité des érudits et des prédicateurs, à unifier le discours religieux modéré et à renforcer le rôle des institutions religieuses dans la protection des sociétés contre les dangers de l'extrémisme et du terrorisme, soulignant que la lutte contre la pensée extrémiste exige un travail tant sur le plan intellectuel que sur le terrain.
Madou a salué les efforts déployés par les autorités du Niger et de l'Algérie dans la lutte contre le terrorisme et le soutien aux initiatives scientifiques et intellectuelles visant à consolider la sécurité et la stabilité dans la région du Sahel, soulignant l'importance de la coopération régionale pour faire face aux menaces communes.
Pour sa part, le représentant de l'Unité d'intégration et de liaison, Taher Muhammad Abdul Jalil, a expliqué que l'organisation adopte une approche préventive fondée sur le dialogue, le renforcement des capacités et la diffusion d'une compréhension correcte des enseignements de l'islam basée sur les principes du Saint Coran, considérant que l'autonomisation des imams et des prédicateurs représente l'un des outils les plus importants pour prévenir l'extrémisme.
Pour sa part, le représentant du président du Conseil de sécurité de l’État, Seydou Djibo Karimou, a affirmé que la tenue de cette session à Niamey témoigne de l’engagement du Niger à poursuivre ses efforts de lutte contre l’extrémisme et le crime organisé, notant que les groupes extrémistes exploitent désormais les médias sociaux et les médias traditionnels pour recruter des individus et diffuser leurs idées, ce qui appelle à renforcer la sensibilisation de la communauté et à construire un discours religieux modéré capable de relever ces défis.
La séance d'ouverture a réuni un certain nombre de responsables et de diplomates, dont l'ambassadeur algérien au Niger, Ahmed Saadi, qui a souligné l'importance de renforcer la coopération entre les institutions religieuses et intellectuelles pour soutenir la paix sociale et consolider une culture de modération dans la région du Sahel.



