Alaa El-Ghamrawy à “ Zoom Africa News ” : L’Égypte a l’expérience et l’Afrique a la volonté… et nous travaillons ensemble pour éliminer les cardiopathies rhumatismales.
L’Égypte ouvre ses portes pour soigner et former le personnel luttant contre les cardiopathies rhumatismales en Afrique.

Interview réalisée par : Mohammed Omran
À une époque où les cardiopathies rhumatismales continuent de faire des milliers de victimes parmi les enfants et les jeunes, continent africainDe nombreux pays sont confrontés à des défis importants en matière de dépistage et de traitement précoces, et l'Égypte met à profit son expertise médicale accumulée pour mener l'une des initiatives de santé transfrontalières les plus importantes sous le slogan “ Mettre fin aux cardiopathies rhumatismales en Afrique ”.
L’Égypte ouvre ses portes pour soigner et former le personnel luttant contre les cardiopathies rhumatismales en Afrique.
Lancée lors de la conférence et exposition “ Health Africa ”, cette initiative vise non seulement à traiter la maladie, mais aussi à construire un système africain intégré fondé sur la prévention, le dépistage précoce, la formation, la recherche scientifique et le transfert d’expertise, en s’appuyant sur l’expérience égyptienne qui a reçu des éloges internationaux et a permis d’obtenir des résultats tangibles en matière de réduction des taux d’infection et des complications de la maladie.

Compte tenu de l’importance croissante accordée par l’Égypte au renforcement des partenariats avec les pays africains dans les domaines de la santé et du développement, cette initiative révèle une vision plus large axée sur le développement des capacités locales, le soutien aux systèmes de santé africains et l’utilisation des technologies modernes et de l’intelligence artificielle pour lutter contre l’une des maladies cardiaques les plus répandues chez les enfants et les jeunes.
Dans cet entretien exclusif avec “ Zoom Africa News ”, le Dr Alaa El-Ghamrawy, fondateur du Programme national de lutte contre les cardiopathies rhumatismales, évoque les coulisses du lancement de cette initiative, les projets de création de centres spécialisés en Afrique, les mécanismes de transfert de l'expertise égyptienne vers les pays du bassin du Nil et sa vision de l'avenir de la lutte contre les cardiopathies rhumatismales sur le continent dans les années à venir.

Et maintenant, voici le texte du dialogue.
Pour commencer, quels sont les principaux objectifs de l’initiative “ Mettre fin aux cardiopathies rhumatismales en Afrique ” ?
L'Égypte porte un grand intérêt au continent africain, notamment aux pays touchés depuis de nombreuses années par les cardiopathies rhumatismales, en collaboration avec l'Association africaine de cardiologie et plusieurs pays africains. Le Dr Magdi Yacoub a implanté cette coopération en Égypte en 2017, et un vaste protocole de coopération avec les pays africains a été mis en place. Nous avons constaté que le problème persiste et que les populations africaines continuent de souffrir de cette maladie, faute de dépistage précoce. C'est pourquoi nous cherchons à transférer l'expertise et les expériences réussies de l'Égypte à ces pays.
Pourquoi avoir choisi ce moment précis pour lancer cette initiative au niveau africain ?
Cette déclaration a été faite à l'occasion de la conférence « La santé en Afrique », placée sous le patronage de Son Excellence le Président Abdel Fattah El-Sisi. Parmi les objectifs de la conférence et les orientations soutenues par les dirigeants politiques figure le rôle majeur que l'Égypte doit jouer dans la coopération avec les pays africains pour s'attaquer aux différents problèmes de santé, élaborer des solutions et les mettre en œuvre sur le terrain.

Quels sont les principaux objectifs que cette initiative vise à atteindre dans les années à venir ?
Nos principaux objectifs sont de traiter efficacement la maladie et d'éradiquer les cardiopathies rhumatismales sur le continent africain, en commençant par les pays du bassin du Nil. Nous nous intéressons également à toutes les formes de maladies cardiaques, qu'il s'agisse de cardiopathies rhumatismales, de malformations congénitales ou d'autres affections cardiovasculaires.
Vous avez mentionné que l'initiative vise à coopérer avec 8 pays du bassin du Nil. Quelle est la nature de cette coopération ?
La coopération comprend des formations dans les universités égyptiennes, des échanges d'expériences, la réalisation de recherches conjointes et l'envoi de convois médicaux dans les pays africains, notamment dans le domaine des maladies cardiaques et des interventions chirurgicales, en plus d'une coopération scientifique et médicale conjointe.
Il a été annoncé que deux centres spécialisés seraient créés au Rwanda et en Tanzanie. Pourquoi ces deux pays ont-ils été choisis ?
La création de deux centres au Rwanda et en Tanzanie a déjà été annoncée, et les équipements et les ressources humaines sont prêts. Certaines autorisations et procédures restent à obtenir en collaboration avec les autorités compétentes et le ministère des Affaires étrangères. .

Quels services ces centres offriront-ils aux patients et aux systèmes de santé locaux ?
Ces centres assureront des services de santé, la prévention primaire et secondaire, ainsi que le traitement des cas par voie chirurgicale et par cathétérisme, en plus de soutenir la recherche conjointe visant à éliminer les cardiopathies rhumatismales.
Comment l'expertise égyptienne peut-elle contribuer à la lutte contre les cardiopathies rhumatismales dans les pays africains ?
L’Égypte possède une vaste expertise dans ce domaine et a reçu le Prix de la promotion de la santé de l’Organisation mondiale de la Santé en 2015 pour son rôle de premier plan dans la lutte contre les cardiopathies rhumatismales. C’est pourquoi nous partageons l’expertise et les réussites égyptiennes avec les pays confrontés à un manque de dépistage précoce.

Quel est le niveau de soutien apporté à cette initiative par le Dr Magdi Yacoub et le Dr Adel Adawy ?
En 2017, le Dr Magdi Yacoub a lancé depuis le Caire une initiative majeure pour lutter contre les cardiopathies rhumatismales, et son action dans ce domaine se poursuit. Le Dr Adel Adawy, parrain de cette initiative et président de la conférence « Santé de l’Afrique », soutient pleinement cette démarche, conformément à la politique de l’État égyptien envers l’Afrique.
Dans quelle mesure cette initiative repose-t-elle sur la formation de personnel médical africain et le transfert d'expertise ?
La formation est un élément clé de cette initiative, et une coopération existe déjà avec plusieurs universités égyptiennes. La dernière délégation provenait de Tanzanie, et une coopération est également en place avec l'Université du Canal de Suez et l'Université de Mansoura dans diverses spécialités médicales.

Existe-t-il des projets de lancement de programmes de recherche conjoints entre l'Égypte et les pays africains dans le domaine des maladies cardiaques ?
Oui, il existe des programmes de recherche conjoints, car la maladie est présente dans presque toute l'Afrique, et c'est pourquoi nous mettons l'expertise et la recherche scientifique égyptiennes au service de cette cause.
Quels sont les principaux défis à relever pour éliminer les cardiopathies rhumatismales sur le continent africain ?
Les difficultés comprennent le manque de dépistage précoce des cas, le fait que de nombreux patients sont découverts à un stade très avancé et le manque d'infrastructures chirurgicales spécialisées dans certains pays africains.
Comment sensibiliser le public à la gravité de la maladie ?
Il est très important de transmettre l'expérience égyptienne en matière de relations avec la société, et la sensibilisation se fait par le biais des médias sociaux, de la télévision et de divers autres médias, en plus de la communication directe avec les citoyens, car cela est essentiel pour promouvoir la sensibilisation communautaire.
Q : Quelles leçons ont été tirées de l'expérience du Programme national égyptien de lutte contre les cardiopathies rhumatismales ?
L'expérience égyptienne repose sur l'existence de centres de cardiologie rhumatismale répartis dans plusieurs gouvernorats. Ces centres accueillent les patients orientés par l'ensemble des prestataires de soins et proposent des diagnostics par échocardiographie, des actions de sensibilisation à la santé, des mesures de prévention primaire et secondaire, ainsi que l'orientation vers des structures de soins prenant en charge les frais chirurgicaux ou par cathétérisme.

Le programme égyptien a obtenu des résultats remarquables ces dernières années. Quels sont les indicateurs de réussite les plus marquants ?
L’Organisation mondiale de la santé nous a félicités et nous avons reçu le Prix de la promotion de la santé. Le Programme national de lutte contre les cardiopathies rhumatismales a également permis de réduire le pourcentage d’opérations à cœur ouvert dues à cette maladie, passant de 681 à 281.
Quel est selon vous le rôle des entreprises nationales égyptiennes dans le soutien aux projets de santé sur le continent ?
Le rôle des entreprises nationales est primordial. L'une d'elles a fourni gratuitement un logiciel pour cette initiative, et deux entreprises du secteur privé se sont engagées à équiper un centre en Tanzanie et un autre au Rwanda.
Quel est le niveau de coopération avec les organisations sanitaires africaines et internationales pour assurer le succès de cette initiative ?
Une coopération est en cours avec diverses autorités sanitaires en Afrique, et cette initiative prolonge des années de coopération avec l'Association africaine de cardiologie et les institutions scientifiques et médicales du continent.

Est-il prévu d'étendre le réseau et d'établir de nouveaux centres dans d'autres pays africains lors de la prochaine phase ?
Oui, un plan d'expansion est prévu, et nous travaillons à transférer l'expérience égyptienne en créant des centres pour les maladies cardiaques rhumatismales, de sorte que chaque centre comprenne une unité d'information, une unité de dépistage, un laboratoire et une unité d'échocardiographie.
En quoi cette initiative contribue-t-elle à renforcer le rôle de l'Égypte sur le continent africain ?
L’Égypte possède une vaste expérience et des ressources humaines exceptionnelles dans divers domaines médicaux, et cherche à transférer cette expérience aux pays africains et à coopérer avec eux afin de relever les défis sanitaires communs.

Quel message avez-vous à adresser aux gouvernements africains concernant l'investissement dans la prévention ?
Notre devise est « mieux vaut prévenir que guérir », et notre nouvelle devise est « préserver la santé humaine est primordial ». C’est pourquoi investir dans la prévention et le dépistage précoce est le meilleur moyen de lutter contre la maladie.
Comment les dirigeants politiques égyptiens ont-ils soutenu cette orientation vers l'Afrique ?
Par le biais de la conférence « La santé de l’Afrique » et des directives continues données à l’Égypte pour qu’elle joue un rôle actif dans le soutien aux pays africains et la résolution de divers problèmes de santé en coopération avec ses frères du continent.

Quel est le rôle des universités égyptiennes dans le soutien de cette initiative ?
Les universités égyptiennes sont un partenaire clé en matière de formation et de transfert de savoir-faire, et plusieurs protocoles de coopération ont déjà été mis en œuvre, notamment avec l'université de Mansoura et l'université du canal de Suez.
Les pays africains possèdent-ils également une expertise qui pourrait être mise à profit ?
Certes, les pays africains comptent eux aussi des experts et des scientifiques de renom, et nous parlons donc d'un échange d'expertise et non d'un simple transfert unilatéral d'expertise.

Quel rôle jouent la technologie et la télémédecine dans cette initiative ?
Lors de la conférence de cette année, nous avons annoncé une proposition visant à relier les pays africains touchés par les cardiopathies rhumatismales par un programme électronique unifié, qui soutiendrait la recherche conjointe, la formation et le diagnostic à distance.
Comment l'intelligence artificielle peut-elle contribuer aux efforts de lutte contre les maladies ?
Nous cherchons à utiliser l'intelligence artificielle pour diagnostiquer les cas grâce à des appareils d'échocardiographie, ce qui contribue à un dépistage précoce, améliore la précision du diagnostic et offre de meilleurs services médicaux.

Enfin, quelle est votre vision de l'avenir de la lutte contre les cardiopathies rhumatismales en Afrique au cours des dix prochaines années ?
Notre objectif ultime est d'éradiquer les cardiopathies rhumatismales. Grâce à Dieu, l'Égypte compte d'excellents professionnels de la santé et une grande expertise, et les pays africains abritent également des experts et des scientifiques de renom. Si la coopération et le partage des bonnes pratiques se concrétisent, je suis convaincu que nous obtiendrons d'excellents résultats dans les années à venir.




