Le football pour personnes handicapées au Rwanda : le parcours des femmes, de l’isolement à la confiance et à l’inclusion
Le football pour les personnes handicapées autonomise les femmes rwandaises
Écrit par : Mohamed Ragab
Dans les stades RwandaLe football n'est plus seulement un sport de compétition, mais est devenu un espace d'espoir et de reconstruction pour les femmes en situation de handicap, notamment les amputées. Grâce au football, nombre d'entre elles ont pu surmonter les barrières psychologiques et sociales et retrouver confiance en elles après des années d'isolement et de peur du regard de la société.
Ce sport, pratiqué par sept joueurs, implique des déplacements à l'aide de béquilles Au Rwanda, le nombre de gardiens de but manchots a connu une croissance remarquable ces dix dernières années, devenant ainsi l'un des sports phares favorisant l'inclusion des personnes handicapées dans la société.
De la honte à la liberté
Pour de nombreuses joueuses, le parcours sur le terrain n'a pas été facile, mais a fait suite à des années de souffrance psychologique et de peur de se produire devant un public. Dans des déclarations aux médias, la joueuse rwandaise Niranza Solange a confié que sa vie avait complètement changé après avoir rejoint l'équipe.
Solange a expliqué qu'elle avait peur de sortir en société sans utiliser sa prothèse et qu'elle évitait d'utiliser des béquilles par crainte des regards et des commentaires sarcastiques des gens à cause de sa jambe amputée.


Elle a ajouté que le football lui avait procuré un nouveau sentiment de liberté et de confiance, soulignant qu'elle ne se souciait plus des opinions des autres ni du regard de la société sur son handicap, mais qu'elle s'acceptait davantage et était plus à même de s'intégrer à la vie quotidienne.
L’expérience de Solange reflète la réalité de nombreuses femmes handicapées dans les sociétés africaines, où certains stéréotypes et la stigmatisation sociale entravent encore leur pleine intégration dans la société.
Défis physiques et détermination sur le terrain
Malgré les difficultés physiques auxquelles les joueurs sont confrontés, l'entraînement continu les aide à développer leurs aptitudes athlétiques et leur endurance.
La gardienne de but Nicozi Angelic a déclaré que les matchs exigeaient une grande concentration physique et mentale, notamment lorsqu'il s'agissait de gérer les ballons dirigés vers la partie la plus vulnérable du corps.
Elle a fait remarquer que son plus grand défi était de gérer les balles qui arrivaient vers sa main faible, mais elle a souligné que l'entraînement continu lui permettait de surmonter ces difficultés et d'améliorer constamment ses performances.
Ce sport démontre comment les personnes handicapées peuvent développer leurs capacités physiques et mentales lorsqu'elles bénéficient des opportunités adéquates et du soutien de la communauté.
Le sport comme forme de thérapie psychologique et sociale
Les partisans du football pour personnes handicapées estiment que son impact dépasse le cadre de la compétition sportive et englobe les aspects psychologiques, sociaux et humanitaires.
Les rapports ont noté que ce sport aide les femmes à retrouver un sentiment de plénitude et de bien-être psychologique, en plus de promouvoir un esprit de défi, d'appartenance et de travail d'équipe, et que l'intégration des personnes handicapées dans les activités sportives leur donne l'espace nécessaire pour faire leurs preuves et changer l'image stéréotypée associée au handicap dans la société.
Un avenir prometteur pour le football pour les personnes handicapées
Alors que le football pour personnes handicapées continue de se développer au Rwanda, l'espoir grandit que ce sport devienne un outil plus influent pour promouvoir l'inclusion sociale et autonomiser les femmes handicapées.
Au-delà de la compétition et des résultats, cette expérience contribue à créer une société plus inclusive et diversifiée, offrant à chacun une chance égale de participer et de s'épanouir pleinement.



