Écrit par Omnia Hassan
Dans une démarche témoignant d'une escalade sans précédent dans la lutte contre l'économie parallèle, le Burkina Faso est parvenu à porter un coup dur aux réseaux de contrebande d'or et de commerce illégal, en récupérant plus de 10 milliards de francs africains, soit environ 16,8 millions de dollars américains, et en démantelant des dizaines de réseaux clandestins opérant en dehors du cadre légal.
Une campagne de grande envergure pour traquer les contrebandiers d'or
Ces trois dernières années, les autorités burkinabè ont intensifié leurs opérations de surveillance et de sécurité dans le secteur minier, l'une des principales sources de revenus du pays. Ces efforts ont permis la fermeture de 25 bureaux de vente d'or non autorisés, qui opéraient hors de tout contrôle gouvernemental et servaient de circuits pour la commercialisation illégale du précieux métal.

Ces mesures s'inscrivent dans une stratégie nationale visant à protéger les ressources naturelles et à garantir que les recettes aurifères parviennent au Trésor public au lieu d'être détournées par des réseaux de contrebande organisés.
93 enquêtes et confiscation de grandes quantités d'or
Les autorités ont révélé avoir ouvert 93 enquêtes liées à la contrebande d'or et aux crimes de trafic illégal entre 2023 et 2026.
Ces enquêtes ont abouti à l'imposition de lourdes amendes et sanctions financières, contribuant ainsi au recouvrement de milliards de francs africains.
Les autorités compétentes ont également pu confisquer plus de 78 kilogrammes d'or, soit l'une des plus importantes saisies que le pays ait connues ces dernières années, témoignant de l'ampleur des activités illégales qui épuisaient les ressources de l'État.
L'or est une ressource précieuse confrontée aux défis de la contrebande.
Le Burkina Faso est l'un des principaux pays producteurs d'or d'Afrique, et ce métal précieux constitue un pilier essentiel de son économie nationale. Cependant, le développement du commerce illégal et de la contrebande prive depuis des années le pays d'une part importante des recettes fiscales et financières qui auraient pu être consacrées au développement et aux infrastructures.
Les experts estiment que la lutte contre le trafic d'or est un élément crucial pour promouvoir la stabilité économique, notamment compte tenu des défis sécuritaires et financiers auxquels le pays est confronté.
Renforcer la surveillance et lutter contre le blanchiment d'argent
Le gouvernement burkinabè a confirmé qu'il travaille actuellement au développement de ses capacités exécutives et de supervision pour lutter contre la fraude dans le commerce de l'or et renforcer les mécanismes de lutte contre le blanchiment d'argent et les flux financiers illicites.
Elle vise également à renforcer le contrôle des chaînes d'approvisionnement et d'exportation afin de garantir la transparence et de protéger la richesse nationale.
Ces mesures témoignent d'une volonté gouvernementale claire de faire respecter l'état de droit dans le secteur minier et de transformer l'or en un véritable moteur de croissance économique et de développement durable au Burkina Faso.



