France et Afrique : le soft power parviendra-t-il à restaurer l'influence ?
Défis à l'influence française en Afrique

Écrit par : Hussein Ahmed
Le président français Emmanuel Macron cherche Macron Reformuler la relation entre la France et l’Afrique, à travers une nouvelle stratégie fondée sur la réduction de l’héritage colonial traditionnel et le renforcement des instruments du soft power, à l’heure où la concurrence internationale pour l’influence sur le continent africain s’intensifie.
Les efforts de Macron sont actuellement concentrés sur sa participation au prochain sommet franco-africain qui se tiendra dans la capitale kényane, Nairobi, en présence de dirigeants africains et d'institutions économiques et régionales de tout le continent.
L'influence française en Afrique : entre retrait militaire et montée du soft power
Depuis son arrivée au palais de l'Élysée en 2017, Macron a tenté de se présenter comme un président porteur d'une vision différente des relations franco-africaines, fondée sur un partenariat équilibré plutôt que sur l'hégémonie politique et militaire qui a historiquement été associée à l'influence française sur le continent, notamment dans les pays francophones d'Afrique de l'Ouest et centrale.
Macron a reconnu à plusieurs reprises les erreurs de l'ère coloniale, appelant à un nouveau chapitre avec les nations africaines, fondé sur le respect mutuel et la coopération économique et culturelle. Il a également souhaité restructurer la présence militaire française sur le continent, soulignant que Paris ne souhaite plus exercer son influence par la force militaire directe.
Cependant, l’évolution rapide de la situation politique et sécuritaire dans la région du Sahel a constitué un défi majeur pour la nouvelle politique française, car des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont été le théâtre de coups d’État militaires successifs, accompagnés de vagues croissantes de colère populaire contre la présence française et d’accusations portées contre Paris pour son incapacité à lutter contre le terrorisme et pour son ingérence dans les affaires intérieures des pays africains.
Le déclin de sa présence militaire pousse la France à renforcer son influence culturelle et économique en Afrique.
L'influence française a subi des revers successifs après que Paris a été contraint de retirer ses forces du Mali, puis du Niger, suite à la fin de la coopération en matière de défense avec les nouvelles autorités militaires locales.
La popularité de la France a également décliné dans plusieurs pays africains au profit de puissances internationales rivales, notamment la Russie et la Chine, qui ont renforcé leur présence par le biais d'investissements économiques, de coopération militaire et de projets d'infrastructure.

Face à ce déclin, Paris s'est tournée vers le renforcement de son influence douce pour maintenir sa présence sur le continent. La langue française est un atout majeur, l'Afrique abritant la plus forte concentration de francophones au monde.
Parallèlement, la France s'appuie sur des institutions éducatives et culturelles, telles que les instituts français et les programmes de bourses, pour promouvoir son influence culturelle auprès des jeunes générations africaines.
La France s’emploie également à développer ses partenariats économiques avec les pays africains, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des technologies et de la transformation numérique, en plus de soutenir les entrepreneurs et les start-ups.
Par ailleurs, Paris compte également sur une coopération en matière de climat, de sécurité alimentaire et de développement durable, des questions de plus en plus prioritaires pour les gouvernements africains.

Le prochain sommet franco-africain de Nairobi intervient dans un contexte de transformations majeures, alors que Paris cherche à rétablir la confiance de ses partenaires africains et à se repositionner dans un paysage régional en pleine mutation.
Le sommet devrait porter sur les questions d'investissement, de développement, de sécurité et de changement climatique, ainsi que sur l'avenir des relations politiques et économiques entre la France et le continent africain.
Les observateurs estiment que le succès de Macron dans la reconstruction de l'influence française en Afrique dépendra largement de la capacité de Paris à passer de la rhétorique politique à des partenariats concrets permettant d'atteindre des intérêts mutuels, à un moment où le continent africain est devenu un terrain d'affrontement ouvert entre les grandes puissances internationales.



