Le Soudan du Sud s'oriente vers l'intégration régionale : adhésion pleine et entière à la Communauté d'Afrique de l'Est
Une mesure légale qui met fin à des années d'attente

Écrit par Omnia Hassan
Les analystes ont salué l'adhésion officielle du Soudan du Sud à la Communauté d'Afrique de l'Est, suite à la signature par le président d'une loi légalisant pleinement l'appartenance du pays à ce bloc régional.
Cette étape représente l'aboutissement d'un processus qui a débuté par une demande d'adhésion en 2016, avant que Juba ne termine finalement toutes les procédures nécessaires pour devenir membre à part entière.
Cette initiative est perçue comme un changement stratégique dans la position du pays au sein de son environnement régional, et comme une opportunité de renforcer sa présence politique et économique dans l'est du continent.

Harmoniser les lois et les politiques avec les États membres du bloc
Selon Benj Gideon, ancien sous-secrétaire du ministère des Affaires est-africaines, l'adhésion n'est pas seulement une question politique, mais impose également de larges obligations juridiques et législatives.
Le Soudan du Sud doit aligner ses lois et ses politiques sur les cadres adoptés par les autres États membres.
Cet alignement comprend des domaines essentiels tels que la facilitation des échanges, la libre circulation des personnes, des biens et des services, ainsi que la coordination des politiques monétaires, garantissant l'harmonie institutionnelle et économique au sein du bloc.
Une occasion de renforcer la réforme institutionnelle
Les experts estiment que l'adhésion pleine et entière pourrait fortement accélérer les réformes au sein des institutions étatiques. Ces réformes comprennent l'amélioration de la gestion des finances publiques, le développement de mécanismes d'élaboration budgétaire, l'amélioration de l'efficacité du système fiscal et le rehaussement du niveau de l'enseignement supérieur.
Les observateurs estiment que le respect des normes du bloc régional pourrait contribuer à améliorer l'efficacité de l'action gouvernementale et à renforcer la transparence et la responsabilité.
Défis liés à la conformité financière
Malgré les gains escomptés, les difficultés financières constituent l'un des principaux défis auxquels Juba est confrontée. On estime que le Soudan du Sud doit au groupe environ 10 millions de dollars d'arriérés.

Gideon souligne que le respect de ces obligations n'est pas simplement une procédure financière, mais une condition préalable à une participation effective au sein des institutions du bloc.
Une source de financement durable pour garantir un rôle actif
Les experts soulignent la nécessité pour le gouvernement d’identifier une source de financement fiable et durable pour ses contributions annuelles, car des paiements irréguliers pourraient limiter la capacité du pays à influencer et à participer aux décisions du groupe, et affaiblir sa position au sein du système régional.
Le processus juridique étant achevé, une phase plus complexe commence désormais, exigeant un véritable engagement en faveur des réformes et des obligations financières, afin de garantir que tous les avantages de cette adhésion historique soient pleinement réalisés.



