Amnesty International critique la coopération de l'Union européenne avec la Libye en matière de lutte contre les migrants.
Des allégations d'abus contre les migrants suscitent une nouvelle polémique

Mohamed Ragab
Amnesty International a critiqué les politiques de coopération entre l'Union européenne et les autorités libyennes sur la question migratoire, accusant certains partis libyens de commettre de graves violations à l'encontre des migrants et des réfugiés, et considérant que le maintien du soutien européen aux politiques d'interception des migrants et de leur renvoi en Libye soulève des préoccupations croissantes en matière de droits humains.
Ces critiques figurent dans un nouveau rapport de l'organisation de défense des droits humains, qui aborde les conditions de vie des migrants dans les centres de détention et les zones d'accueil des personnes interceptées en Méditerranée et renvoyées sur le territoire libyen.
Critiques des politiques d'immigration européennes
Amnesty International a déclaré que la coopération entre l'Union européenne et les autorités libyennes dans la lutte contre la migration irrégulière a conduit au retour de milliers de migrants dans des conditions qu'elle a qualifiées d'insécurité, citant des rapports faisant état de migrants victimes d'abus, de mauvais traitements et de détention arbitraire.
L'organisation estime que les politiques européennes visant à réduire les flux migratoires à travers la Méditerranée ne doivent pas se faire au détriment des droits de l'homme ni de la sécurité des migrants et des réfugiés.
La Libye demeure un important point de transit pour les migrants.
La Libye est l'un des principaux points de transit pour les migrants venant d'Afrique subsaharienne et d'autres pays, des milliers d'entre eux cherchant chaque année à rejoindre l'Europe via la mer Méditerranée.
La situation sécuritaire et politique complexe du pays ces dernières années a engendré des difficultés accrues liées à la gestion des migrations, au moment même où les autorités libyennes peinent à faire face au grand nombre de migrants.
Demande de révision des mécanismes de coopération
Amnesty International a appelé l'Union européenne à reconsidérer ses politiques de coopération en matière de contrôle des frontières et de migration, et à œuvrer à la mise en place de mécanismes protégeant les droits des migrants et garantissant le respect du droit international et des droits de l'homme.
Elle préconisait également un renforcement des opérations de sauvetage en mer, l'élargissement des voies de migration légales et sûres, et l'amélioration des conditions de vie des migrants et des réfugiés dans les centres d'accueil et d'hébergement.
L’Union européenne réaffirme son engagement dans la lutte contre la contrebande.
Pour sa part, l’Union européenne affirme que la coopération avec la Libye vise à lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et à réduire le nombre de décès en Méditerranée, ainsi qu’à soutenir les capacités des garde-côtes libyens et à renforcer la gestion des frontières.
Les responsables européens soulignent également l'importance de travailler avec les partenaires régionaux pour s'attaquer aux causes profondes des migrations irrégulières, notamment les crises économiques, les conflits et l'instabilité dans certains pays d'origine.



