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La disparition des organes génitaux à cause de la sorcellerie… Que se passe-t-il au Malawi ?

Disparition des organes génitaux au Malawi

Écrit par : Mohamed Diab

Les récentes violences dans Malawi L'efficacité de la loi sur la sorcellerie héritée de l'époque coloniale fait l'objet d'une vive controverse, après que sept personnes ont été tuées suite à des rumeurs selon lesquelles leurs organes génitaux auraient disparu à cause de la sorcellerie.

Les autorités font face à des critiques croissantes concernant la hausse des meurtres liés aux superstitions et à la désinformation, tandis que les militants des droits de l'homme et les experts mettent en garde contre le danger que ces phénomènes représentent pour la sécurité et la stabilité du pays.

Le mythe des organes génitaux disparus se transforme en meurtres et met la loi malawite sur la sorcellerie sous le feu des critiques.

 

Les autorités estiment que ces événements révèlent une crise plus profonde liée à l'existence de la loi sur la sorcellerie héritée de l'époque coloniale britannique depuis 1911, une loi qui ne reconnaît pas l'existence de la sorcellerie mais criminalise les accusations de celle-ci en dehors de tout cadre légal.

Les critiques affirment que cette législation n'est plus adaptée pour faire face aux vagues modernes de rumeurs, en particulier celles qui se propagent rapidement au sein des communautés pauvres et qui conduisent à des violences de masse.

Des rumeurs mystérieuses sont à l'origine de massacres au Malawi.

Au cours de ces événements, la police a annoncé que cinq des victimes avaient été tuées à Chikwawa et deux à Nsani, tandis que 45 suspects ont été arrêtés, dont 27 accusés de meurtre et 16 accusés de diffusion de fausses informations.

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Les enquêtes ont également révélé la possibilité que ces rumeurs aient été utilisées à des fins personnelles ou économiques, compte tenu de l'existence de différends entre certaines parties.

Les dirigeants locaux ont affirmé que ces revendications ne reflètent pas de véritables croyances culturelles, mais sont liées à des tensions et des conflits internes.

Les médecins ont également nié toute base scientifique à l'idée de la disparition des organes génitaux, expliquant que ce phénomène pouvait s'expliquer par des cas de panique ou d'anxiété extrême susceptibles de provoquer des symptômes physiques temporaires que les gens interprètent mal.

Les chercheurs estiment que ces phénomènes relèvent de ce que l'on appelle la panique collective, où les peurs se propagent rapidement au sein de la société et se transforment en convictions profondes pouvant engendrer des comportements violents. Des cas similaires ont été observés dans d'autres pays africains lors de crises économiques et sociales.

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Face à l'escalade de la crise, des propositions ont été formulées pour modifier la loi malawite sur la sorcellerie afin de la reconnaître comme une infraction pénale et d'alourdir les peines encourues. Toutefois, ces propositions restent controversées, les défenseurs des droits humains craignant qu'elles n'entraînent une recrudescence des accusations publiques plutôt qu'une diminution des violences, alors même que le pays souffre déjà d'un système judiciaire défaillant et d'une désinformation généralisée.

Des organisations de défense des droits humains au Malawi avaient déjà averti que les propositions visant à criminaliser la sorcellerie pourraient exacerber la violence plutôt que de la réduire, arguant que la reconnaissance légale de la sorcellerie pourrait légitimer les accusations populaires et accroître le ciblage des groupes vulnérables.

Des rapports sur les droits de l'homme ont recensé plus de 60 meurtres liés à des accusations de sorcellerie sur une période de deux ans, la plupart des victimes étant des personnes âgées, ce qui s'inscrit dans un schéma récurrent de violence contre les personnes âgées accusées de pratiques surnaturelles.

صورة لمشتبه بهم يستقلون سيارة شرطة (ماكميلان مون)

Des données locales antérieures ont également révélé une dangereuse recrudescence de ces crimes, avec près de 300 cas de personnes âgées tuées ces dernières années, un chiffre en augmentation ces dernières années, ce qui a incité les organisations de la société civile à qualifier la situation de “ bombe à retardement ”. Malgré des arrestations dans de nombreux cas, seul un faible pourcentage est porté devant les tribunaux, des dizaines de dossiers restant en suspens, ce qui témoigne de la faiblesse des forces de l'ordre et de l'inefficacité des procédures judiciaires.

En revanche, les autorités continuent de considérer les rumeurs et la désinformation comme les principaux moteurs de ces crimes, tandis que l'ancienne loi sur la sorcellerie reste incapable de contenir la crise grandissante.

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