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Un chercheur libyen a déclaré à Zoom Africa : “ Ce dont le Mali est témoin reflète une interaction complexe entre la concurrence internationale et la faiblesse de l’État. ”

La région du Sahel souffre d'une fragilité sécuritaire.

Idris Ahmed, chercheur libyen spécialiste des affaires politiques internationales, a déclaré que le Mali a récemment connu des développements notables sur le terrain, illustrés par la prise de contrôle de villes importantes comme Kidal et Gao par les forces de l'Azawad, ainsi que par l'extension des affrontements vers la capitale, Bamako. Il a expliqué que ces transformations reflètent un changement qualitatif dans la nature du conflit, qui ne se limite plus à une rébellion traditionnelle dans le nord, mais s'apparente désormais à une tentative de remodeler l'équilibre des pouvoirs au sein de l'État.

Un développement crucial dans le cours du conflit

Dans une déclaration exclusive à Zoom Africa, il a ajouté : “ Ce qui s’est passé à Kidal représente un tournant décisif dans le conflit, car sa prise revêt non seulement une dimension militaire, mais aussi une profonde signification politique et symbolique, compte tenu de son importance historique en tant que centre névralgique du pouvoir touareg. Cela ravive les velléités séparatistes dans le nord et révèle simultanément le déclin de l’influence de l’État et le déséquilibre des pouvoirs dans cette région. ”.

Il a poursuivi : « La capacité de ces groupes à mener des opérations coordonnées et simultanées sur plusieurs fronts témoigne d’un niveau d’organisation et de planification qui contraste avec l’affaiblissement de la capacité de l’État à exercer un contrôle total. À l’inverse, l’extension des affrontements à Bamako traduit le transfert du conflit au cœur même de l’État, ce qui remet directement en cause la notion de sécurité intérieure. ».

Le chercheur libyen a ajouté : Cette scène rappelle l'expérience de l'opération Barkhane, qui s'est soldée par un retrait sans parvenir à une stabilité durable, ce qui montre que le changement d'acteur extérieur ne s'est pas traduit par une solution radicale, mais plutôt par la reproduction de la crise sous différentes formes.

Il a souligné : Dans le contexte de la compétition internationale, l'idée que des acteurs puissent déstabiliser la région reste du domaine de l'analyse, sans preuves concluantes. Cependant, certains comportements observés peuvent s'expliquer par la volonté de certains pays de protéger leurs intérêts et d'accroître leur influence au Sahel. De manière générale, la situation au Mali reflète une imbrication complexe entre la compétition internationale, la faiblesse des institutions étatiques et la multiplicité des acteurs armés, ce qui risque d'entraîner la poursuite et la reproduction de la crise plutôt qu'une résolution rapide.

La région du Sahel souffre d'une fragilité sécuritaire.

Ahmeid a conclu : Dans un contexte plus large, ce qui se passe au Mali ne peut être dissocié de son environnement régional, car la région du Sahel souffre d'une fragilité sécuritaire chronique, ce qui rend possible la propagation du conflit aux pays voisins et augmente le risque qu'il se transforme en un état d'instabilité régionale prolongée.

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