Comment le Mozambique a-t-il remboursé ses dettes et surmonté sa crise économique ?
Le Mozambique élimine sa dette parmi plus de 80 pays
Les pays en développement sont confrontés à de nombreuses crises, dont la plus importante est celle de la dette ; celle-ci constitue l'un des défis et des obstacles les plus importants au processus de développement interne des pays, en raison de son impact direct sur l'économie et le développement durable.
Le Mozambique est considéré comme l'un des pays les plus avancés dans la gestion des crises de la dette, notamment au regard de ses relations avec les institutions financières internationales, en particulier le Fonds monétaire international, car le Mozambique a connu une grave crise de la dette suite au scandale de la dette cachée en 2016.

En 2016, un scandale appelé “ dettes cachées ” a éclaté, dans lequel le Mozambique avait contracté des emprunts non déclarés, entraînant une baisse de la confiance des investisseurs et la suspension du soutien international, notamment du Fonds monétaire international, ce qui a eu pour conséquence une détérioration de la situation économique du pays, une augmentation du déficit budgétaire et un ralentissement de la croissance.
En raison de cette crise, le gouvernement mozambicain a adopté un ensemble de réformes économiques et financières, comprenant la restructuration de la dette, le renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques, l'exploitation de ses ressources naturelles pour accroître ses recettes et le rétablissement de la coopération avec le Fonds monétaire international par le biais de programmes de réforme visant à instaurer la stabilité économique.
Comment le Mozambique a-t-il remboursé ses dettes et comment a-t-il géré la crise ?
Le Mozambique a réussi à rembourser ses dettes grâce à une stratégie à plusieurs volets, qui comprenait notamment les éléments suivants :
1- Stratégie de gestion de la dette 2025-2029 :
Un plan a été élaboré visant à établir un cadre flexible pour équilibrer les besoins de financement, les coûts et les risques, à renforcer la crédibilité de la politique économique et la viabilité de la dette, à parvenir à un équilibre entre le financement interne et externe et à protéger les finances publiques des pressions croissantes résultant de la baisse de l'aide étrangère et des déficits de recettes.
2- Collaborer avec des consultants internationaux pour améliorer la gestion de la dette :
Le Mozambique a fait appel à un cabinet de conseil international pour l'aider à mettre en œuvre une stratégie de gestion de la dette, à restructurer celle-ci, à négocier avec les créanciers et à améliorer le profil de risque de son portefeuille de dettes.
3- Restructuration partielle de la dette et remboursement anticipé de certaines obligations :
Les négociations avec les créanciers, tels que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ont notamment porté sur le rééchelonnement de certaines dettes, le report des paiements ou le regroupement de dettes à court terme avec des dettes à long terme afin de réduire les pressions financières annuelles, ainsi que sur la négociation de nouveaux programmes de soutien financier à de meilleures conditions.
4- Réorganisation des priorités dans le budget général afin de dégager les liquidités nécessaires :
Cela comprenait la modernisation du système fiscal, la réduction de la fraude fiscale, l'exploitation des ressources naturelles, le report de certains projets non urgents et le renforcement de la transparence et de la responsabilité financière afin de rétablir la confiance des investisseurs et des financiers internationaux.
– Les motivations du Mozambique pour rembourser ses dettes :
Après avoir respecté le plan établi par l'État du Mozambique, celui-ci a finalement annoncé le remboursement intégral de sa dette envers le Fonds monétaire international, qui s'élevait à environ 515,04 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit l'équivalent d'environ 630 millions de dollars américains au taux de change en vigueur au moment du remboursement.
Le Mozambique devient ainsi le seul pays, parmi plus de 80 pays débiteurs, à avoir intégralement remboursé ses obligations envers cette institution multilatérale.



