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La peur d'Ebola éloigne les femmes enceintes des hôpitaux en République démocratique du Congo.

Une double crise sanitaire menace les mères et les fœtus

Écrit par : Mohamed Ragab

Alors que la République démocratique du Congo lutte pour contenir l'épidémie d'Ebola, le secteur de la santé est confronté à un autre défi tout aussi grave : les femmes enceintes hésitent à se rendre dans les hôpitaux et les centres de santé par crainte de contracter le virus.

Cette situation suscite des inquiétudes croissantes parmi les professionnels de la santé quant à l'augmentation des taux de mortalité maternelle et infantile dus aux accouchements ayant lieu hors des établissements médicaux.

Les médecins et les professionnels de la santé reproductive confirment que l'anxiété croissante au sein de la population a conduit de nombreuses femmes à éviter les hôpitaux, même en cas de grossesse à haut risque, les privant ainsi des soins médicaux nécessaires pendant la grossesse et l'accouchement.

Ebola aggrave les risques liés à la grossesse et à l'accouchement

Selon les organisations internationales de santé, contracter le virus Ebola pendant la grossesse comporte des risques extrêmement élevés pour la vie de la mère et du fœtus, car cela peut entraîner des saignements importants et des complications graves pouvant aboutir à la perte du fœtus ou au décès de la mère.

Accoucher en dehors des établissements de santé réduit également les chances d'une intervention médicale rapide en cas de complications urgentes.

Les experts de la santé avertissent que la peur de l'infection pourrait inciter les femmes à accoucher à domicile ou à solliciter l'aide de guérisseurs traditionnels, ce qui accroît les risques sanitaires et rend difficile pour les autorités le suivi des cas et la fourniture de soins appropriés.

La propagation rapide de l'épidémie met à rude épreuve le système de santé.

La République démocratique du Congo est confrontée depuis des semaines à une épidémie de plus en plus grave d'une souche rare du virus Ebola, alors que des avertissements circulent quant à la possibilité que la maladie se propage à de nouvelles régions.

Les rapports indiquent que des centaines de blessés et de morts ont été enregistrés depuis le début de la crise, tandis que les établissements de santé souffrent d'un manque d'équipement, de personnel et de financement nécessaires à une réponse efficace.

La situation sécuritaire complexe, les déplacements de population et la faiblesse des infrastructures ont rendu difficile le confinement de l'épidémie, notamment dans les zones rurales et les camps de personnes déplacées à forte densité de population.

La perte de confiance complique les efforts de réponse.

Les professionnels de la santé affirment que la peur, les rumeurs et le manque de confiance envers les institutions médicales sont devenus des obstacles majeurs à la lutte contre la maladie.

Dans certaines régions, des incidents de rejet des mesures sanitaires ou d'opposition aux procédures d'inhumation sécurisées ont été constatés, et certains centres de santé ont même été attaqués par des habitants en colère, ce qui a affecté les efforts de lutte contre la pandémie.

Les experts soulignent que le rétablissement de la confiance des communautés locales est un élément clé pour faire face à la crise, en intensifiant les campagnes de sensibilisation et en impliquant les chefs communautaires et religieux dans la diffusion d'informations exactes sur la maladie et les moyens de la prévenir.

Appels à renforcer les services de soins maternels

Dans ces circonstances, les organisations internationales de santé appellent à assurer la continuité des services de santé maternelle et reproductive parallèlement aux efforts de lutte contre Ebola, afin d'éviter une crise humanitaire silencieuse où les femmes et les enfants risqueraient d'en payer le prix fort.

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