Les paris sportifs en Afrique : un marché de plusieurs milliards de dollars tiraillé entre opportunités économiques et risques d’addiction.
400 millions d'Africains participent au marché des paris

Écrit par : Mohammed Omran
Le secteur des paris sportifs en Afrique connaît une croissance rapide, portée par l'utilisation généralisée des smartphones et la popularité croissante des plateformes numériques, ce qui en fait l'un des secteurs à la croissance la plus rapide de l'économie numérique du continent.
Les smartphones sont le moteur de l'essor des paris numériques sur le continent.
Selon un rapport de Business Africa, la valeur du marché des paris sportifs en Afrique a atteint environ 1,85 milliard de dollars en 2024 et devrait dépasser 3,6 milliards de dollars d'ici 2029, avec un taux de croissance approchant les 951 000 milliards de dollars en seulement cinq ans.

Près de 400 millions d'Africains participent régulièrement à ce marché, dont environ 100 millions utilisent des plateformes de paris agréées. Les paris mobiles représentent la part la plus importante de cette activité, avec 941 000 utilisateurs qui placent leurs mises via leur smartphone.
400 millions d'Africains participent au marché des paris
Le Nigeria arrive en tête des plus grands marchés de paris sportifs du continent, suivi par l'Afrique du Sud, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et le Ghana, qui bénéficient de l'expansion rapide des services internet et des paiements électroniques.

Malgré les opportunités économiques, les investissements, les recettes fiscales et les nouvelles perspectives d'emploi que ce secteur offre, il soulève simultanément des inquiétudes croissantes quant à la protection des consommateurs et aux risques de dépendance et de jeu irresponsable, notamment chez les jeunes.
Dans un autre contexte économique, la Zambie continue de mettre en œuvre une stratégie novatrice de financement du développement, soutenue par la Banque africaine de développement et les recettes du secteur du cuivre, après avoir mené à bien un rachat anticipé de plus d'un milliard de dollars de sa dette souveraine.
Cette mesure devrait permettre d'économiser environ 275 millions de dollars en coûts de service de la dette au cours des quinze prochaines années, ces économies étant destinées au développement du réseau électrique national, car environ la moitié de la population du pays continue de souffrir d'un accès insuffisant aux services d'électricité.

Cette initiative est le premier modèle mondial d'échange de dettes contre du développement, ce qui pourrait en faire une expérience viable pour d'autres pays africains confrontés à un lourd endettement.
Dans le cadre des efforts déployés pour renforcer les partenariats économiques internationaux, l'Union européenne et les quatre pays de l'océan Indien – les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles – ont conclu des négociations sur un accord de partenariat économique renforcé, le premier du genre avec des pays d'Afrique subsaharienne.

L'accord vise à soutenir le commerce et l'investissement et à développer la coopération dans les domaines de l'économie numérique, des services, des marchés publics et de la propriété intellectuelle, contribuant ainsi à renforcer l'intégration économique entre les deux parties.
L'Union européenne est le principal partenaire commercial des quatre nations insulaires, les échanges entre les deux parties atteignant environ 9,7 milliards d'euros en 2024, ce qui témoigne des liens économiques croissants entre l'Europe et la région de l'océan Indien.
À l'inverse, dans plusieurs pays africains, les appels se multiplient en faveur d'une réglementation plus stricte des sociétés de paris, notamment des exigences de licence plus rigoureuses, des restrictions sur la publicité ciblant les mineurs et des programmes de sensibilisation aux jeux d'argent renforcés. Les experts avertissent que l'absence de contrôle efficace pourrait transformer cet essor économique en une crise sociale durable, compte tenu en particulier du taux élevé de chômage des jeunes.
Les analystes soulignent également que l'essor des paris numériques est étroitement lié à la diffusion des méthodes de paiement électronique et des services financiers mobiles, ce qui a rendu l'accès à ces plateformes plus facile que jamais.
Le secteur devrait connaître une croissance supplémentaire dans les années à venir, mais il restera un sujet de débat, perçu soit comme une opportunité de dynamiser l'économie numérique du continent, soit comme une source de risques sociaux et sanitaires nécessitant une intervention gouvernementale équilibrée.



