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Bombes silencieuses : comment les vestiges de la guerre continuent-ils de tuer des civils au Soudan ?

Le retour des habitants à Khartoum est entravé par le danger des mines terrestres et les vestiges de la guerre.

Écrit par : Qusay Ahmed

Les vestiges de la guerre, notamment les munitions non explosées, sont devenus une menace quotidienne qui fauche des vies civiles, en particulier d'enfants, dans et autour de la capitale, Khartoum, près de trois ans après le début du conflit, dans une scène qui reflète l'ampleur de la tragédie humanitaire qui se poursuit au Soudan.

Le retour des habitants à Khartoum est entravé par le danger des mines terrestres et les vestiges de la guerre.

Dans une enquête menée par l'Associated Press, Khalid Abdel Qader, un citoyen soudanais, a raconté avoir vécu une expérience traumatisante : il a vu des enfants jouer avec un objet étrange qu'ils prenaient pour un ballon de football. Il a tenté de le leur arracher, mais l'objet a explosé dans sa main, lui causant l'amputation de deux doigts et des blessures par éclats d'obus à la poitrine.

Les Nations Unies estiment que des centaines de personnes ont été tuées ou blessées par des munitions non explosées, notamment des mines, des obus et des roquettes qui n'ont pas explosé au lancement, tandis que des dizaines de milliers de ces débris sont dispersés sur de vastes régions du pays.

La situation est particulièrement critique à Khartoum, où les habitants ont commencé à rentrer progressivement après la reprise de contrôle de la capitale par l'armée l'an dernier, sans être suffisamment sensibilisés aux dangers que représentent ces vestiges mortels de la guerre. Selon les données disponibles, près de 60 décès ou blessures ont été recensés dans l'État de Khartoum l'an dernier, dont plus de la moitié étaient des enfants, tandis que 23 cas ont été enregistrés au premier trimestre de cette année, dont 21 enfants.

La prolifération de ces munitions remonte à des décennies de conflits, exacerbés depuis le déclenchement de la guerre en 2023 entre l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide, les deux camps étant accusés d'avoir posé des mines lors des batailles pour le contrôle de la capitale.

Les experts en déminage confirment que le processus de déminage sera long et complexe, car les équipes spécialisées ne sont capables de déminer qu'une zone de 10 à 15 mètres carrés par jour.

Au cours de l'année écoulée, les équipes de déminage ont déminé environ 7,8 millions de mètres carrés à Khartoum, découvrant plus de 36 000 engins explosifs.

Malgré ces efforts, de vastes zones restent contaminées, notamment des parcs publics, des quartiers résidentiels et des ponts essentiels, ce qui freine le retour à la normale. Les autorités doivent également faire face à d'autres difficultés, en particulier un manque de financement et de personnel, ainsi qu'à la réticence de certains habitants à signaler les munitions non explosées par crainte de représailles.

Dans ces conditions, les civils sont confrontés à un danger quotidien, car le moindre morceau de métal négligé peut se transformer en bombe à retardement, menaçant la vie de quiconque s'en approche sans se douter de sa véritable nature.

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