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L’Afrique du Sud s’oriente vers une réforme globale du secteur juridique afin de renforcer l’autonomisation des avocats noirs.

Réformer le secteur juridique en Afrique du Sud

Écrit par : Ayman Ragab

Plus de trois décennies après l’instauration de la démocratie, le secteur juridique sud-africain reste l’un des moins transformés, les données du Conseil de la pratique juridique (LPC) indiquant que 72% des associés ou directeurs des six plus grands cabinets d’avocats du pays sont encore blancs, contre seulement 25% noirs.

Les chiffres révèlent un écart important : les entreprises appartenant à des Noirs ne comptent pas plus de 18 associés ou gestionnaires, contre 396 dans les entreprises appartenant à des Blancs.

Les défis auxquels sont confrontés les juristes noirs

Lors d'un point de presse organisé mardi pour discuter des implications des lois sur le secteur juridique, la présidente du Conseil de la Charte du secteur juridique (LSCC), Christine Conta, a passé en revue les principaux défis auxquels sont confrontés les praticiens du droit noirs, notamment les pratiques d'approvisionnement discriminatoires du secteur privé.

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Konta a expliqué que l'accès limité à un flux constant de dossiers juridiques de qualité, ainsi que le faible accès aux postes de direction dans les cabinets d'avocats multiraciaux, figurent parmi les obstacles les plus importants au développement des avocats noirs.

Elle a ajouté que les agences d'État et les cabinets d'avocats à prédominance blanche s'appuient sur des systèmes d'orientation inadéquats et irréguliers, privant ainsi les juristes noirs d'opportunités d'emploi juridique lucratives et complexes.

Elle a également souligné d'autres défis, notamment le manque de possibilités de formation pratique pour les diplômés en droit, la faible insertion professionnelle des jeunes avocats après leur admission, les obstacles systémiques auxquels sont confrontées les avocates noires, les taux d'abandon élevés, ainsi que la formation limitée dans les domaines juridiques spécialisés.

Accès limité aux domaines juridiques spécialisés

Elle a souligné que le déficit de compétences résultant de l'accès limité aux domaines juridiques spécialisés représente un défi supplémentaire pour réaliser la transformation requise.

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Konta a souligné que le Conseil de la Charte du secteur juridique a pour mission de veiller à ce que tous les professionnels du droit aient une chance équitable de réussir, affirmant que “ la transformation du secteur juridique est une nécessité économique ”.

Elle a ajouté que l'objectif des codes de déontologie du secteur juridique ne se limite pas à mesurer la conformité aux normes d'évaluation, mais s'étend à la construction d'un secteur juridique complet et durable qui motive toutes les parties prenantes à contribuer à un changement réel.

L’Afrique du Sud applique des lois sectorielles à diverses activités économiques, et leur succès est mesuré par leur capacité à favoriser une large participation des Noirs à l’économie (BEE). Dans le secteur juridique, ces règles visent notamment à promouvoir la propriété des Noirs, le développement des compétences, la formation aux disciplines juridiques et l’élargissement des possibilités pour les avocats et les juristes noirs de se voir confier des dossiers, parmi d’autres indicateurs inclus dans le tableau de bord.

Pour sa part, la docteure Susan Mangoli, directrice générale adjointe du ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence, a déclaré que la clause d'égalité de la Constitution avait été mise en pratique grâce à la vaste loi sur l'autonomisation économique des Noirs dans tous les secteurs.

Promouvoir l'émancipation économique des Noirs

Elle a ajouté que le gouvernement vise, grâce à cette transformation, à renforcer l'autonomisation économique des Noirs et à offrir des opportunités équitables aux groupes historiquement marginalisés, notant que les autorités travaillent actuellement à fournir les ressources nécessaires pour assurer un véritable changement, qui se concrétise dans le Fonds de transformation lancé par le ministère du Commerce et de l'Industrie.

Pour sa part, le directeur général du Fonds national d'autonomisation, Mzebopanto Dayemani, a expliqué que le partenariat entre le Conseil de la Charte du secteur juridique et le Fonds vise à mobiliser le soutien de diverses parties prenantes du secteur juridique.

Il a souligné que l'objectif est d'encourager les secteurs public et privé, les entités publiques et les organismes professionnels à s'engager à respecter les promesses du Fonds national de financement en allouant leurs propres ressources afin d'élargir la portée du Fonds et de soutenir le processus de transformation du secteur juridique.

Daimani a ajouté que les solutions proposées devraient répondre aux défis réels auxquels sont confrontés les professionnels du droit, exprimant son espoir de voir davantage de diplômés noirs devenir des avocats spécialisés, favorisant ainsi la diversité au sein des équipes juridiques et éliminant l'idée reçue selon laquelle les compétences ne sont pas disponibles dans les cabinets appartenant à des Noirs.

Pour sa part, Charity Nzoza, directrice générale de l’Association du Barreau du Canada, a confirmé que le conseil avait intensifié ses consultations auprès de diverses parties prenantes afin de sensibiliser la profession juridique et les membres de la communauté.

Elle a ajouté que ces consultations se poursuivront dans le cadre des efforts déployés par le Conseil des services juridiques pour accélérer la mise en œuvre des règles et en assurer le respect.

Il convient de noter que le Conseil des normes du secteur juridique a été créé en 2025 dans le but d'assurer le respect des règles du secteur juridique, de favoriser la transformation et de promouvoir la responsabilité au sein de la profession juridique en Afrique du Sud.

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