En raison de violations et d'arrestations, un rapport international place le Zimbabwe sur une liste de surveillance en matière de droits des travailleurs.
La Confédération syndicale internationale met en garde contre l'escalade des abus en matière de droit du travail.

Écrit par : Mohammed Omran
Dans un nouvel indicateur soulignant le recul des droits des travailleurs à l'échelle mondiale, la Confédération syndicale internationale (CSI) a placé le Zimbabwe sur sa “ liste noire ». Surveillance”Dans son rapport annuel sur l'Indice mondial des droits de l'homme pour 2026, le Zimbabwe figure dans ce classement, témoignant de l'inquiétude internationale croissante concernant les conditions de travail et la liberté syndicale dans le pays. Ce classement intervient alors que se multiplient les accusations de dégradation des garanties juridiques pour les travailleurs et que les restrictions de l'activité syndicale s'intensifient, notamment par des arrestations et des interdictions de manifestations, ce qui place le Zimbabwe sous une surveillance internationale accrue quant à son respect des normes fondamentales en matière de droits du travail.
La Confédération syndicale internationale met en garde contre l'escalade des abus en matière de droit du travail.
La liste de surveillance est le deuxième classement le plus défavorable des pays en matière de violations des droits du travail, après la liste des dix pays les plus répressifs. En 2026, la première liste comprenait notamment l'Argentine, le Bélarus, l'Équateur, l'Eswatini, le Myanmar, le Nigéria, le Panama, la Tunisie et la Turquie.
Selon le rapport, le Zimbabwe figure parmi un groupe de sept pays, dont la Guinée-Bissau, Israël, le Libéria, la Moldavie, les Philippines et les États-Unis, où les droits des travailleurs ont considérablement reculé, annulant les progrès réalisés ces dernières années.
La Confédération syndicale internationale a noté que des cas d'arrestation et de détention arbitraires de membres de syndicats avaient été enregistrés au Zimbabwe, ainsi que des cas similaires en Angola et en République démocratique du Congo.
Le rapport note également que le Zimbabwe se classe cinquième, ce qui signifie “ aucune garantie de droits ”, depuis la création de l'indice en 2014, soulignant que le parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), cherche à reporter les élections de 2028 en prolongeant les mandats du président et du parlement.
Face au harcèlement et à la répression continus dont sont victimes les travailleurs et les syndicats de la part de l'État, le rapport prévient que le classement du Zimbabwe risque de se dégrader encore davantage.
Il a également dénoncé le détournement des pouvoirs légaux pour réprimer l'action collective et la dissidence, notamment le recours aux lois sur la surveillance numérique.
L'organisation a ajouté que des dirigeants syndicaux du secteur de l'éducation avaient été arrêtés lors de grèves et de manifestations réclamant de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires, notant que le gouvernement avait modifié la loi en 2025 pour permettre aux ministres de classer les syndicats de nature syndicale ou de défense des droits comme “ politiques ” ou “ à haut risque ”, ce qui pourrait entraîner leur radiation et les priver de financement international.
Les pays sont classés en groupes de 1 à 5+ selon leur engagement en faveur des droits collectifs des travailleurs, le groupe 1 représentant le meilleur niveau et le groupe 5+ le pire. Les pays classés en catégorie 5 offrent le pire environnement de travail, car les travailleurs n'y bénéficient pas des droits qui y sont stipulés malgré l'existence de textes de loi, ce qui les expose à des systèmes de travail inéquitables et à des pratiques répressives.
En revanche, le rapport note que le Zimbabwe se trouve en zone rouge, tandis que le Botswana voisin a vu son classement s'améliorer suite aux réformes gouvernementales.



