Le Sénat nigérian tient une session d'urgence face à l'escalade de l'insécurité

Boubacar Sani – Notre correspondant du Nigeria
Le Sénat nigérian a brusquement suspendu ses vacances législatives et convoqué ses membres pour une session d'urgence, face aux inquiétudes croissantes concernant l'aggravation de l'insécurité et d'autres problèmes nationaux urgents dans tout le pays.
Dans un avis daté du 15 juin, le secrétaire général du Sénat, Emmanuel Audu, a ordonné à tous les membres du Sénat de se réunir à nouveau dans l'enceinte de l'Assemblée nationale à Abuja le 23 juin à 11h00 pour une session extraordinaire ordonnée par le président du Sénat, Godswell Akpabio.
Selon l'avis, la nécessité de tenir cette session d'urgence est née de questions urgentes exigeant une intervention législative immédiate, au premier rang desquelles figure la sécurité nationale.
Permettre au Sénat d'examiner des questions importantes
L’avis précisait : “ Cette session d’urgence a pour but de permettre au Sénat d’examiner des questions d’importance nationale urgente, notamment celles relatives à la sécurité nationale et à d’autres préoccupations cruciales qui nécessitent une attention législative immédiate. ”.

Cette convocation constitue une rupture significative avec le calendrier habituel de l'Assemblée nationale. Le Sénat et la Chambre des représentants ont récemment clôturé leurs sessions plénières et entamé une suspension de travaux jusqu'au 7 juillet 2026, afin de permettre aux parlementaires de célébrer la Journée de la démocratie et de rendre visite à leurs électeurs.
Selon des sources bien informées, cette décision reflète l'inquiétude croissante au sein du Conseil législatif face à la détérioration de la situation sécuritaire, notamment les attaques répétées de terroristes, de voleurs et de ravisseurs dans diverses régions du pays.
La position du Nigéria contre le terrorisme est ferme.
Cette réunion d'urgence intervient quelques jours seulement après que la présidente Paula Tinubo, dans son discours à l'occasion de la Journée de la démocratie, a réaffirmé la position ferme de son gouvernement contre le terrorisme et la criminalité violente.
Le président a mis en garde les terroristes, les bandits, les ravisseurs et leurs soutiens, les sommant de se rendre sous peine d'une intensification des opérations militaires. Il a souligné que plus de 13 000 terroristes avaient été neutralisés au cours de l'année écoulée et a affirmé que le nombre de victimes du terrorisme avait diminué de 811 000 depuis 2015.
Malgré ces progrès, Tinobo a reconnu que la détention continue d'écoliers enlevés dans les États d'Oyo et de Borno est un rappel brutal des problèmes de sécurité non résolus au Nigéria.
Session d'urgence pour réformer la structure de sécurité du pays
La session d'urgence devrait également se concentrer sur les efforts visant à réformer la structure de sécurité du pays par le biais d'amendements constitutionnels.
La semaine dernière encore, l'Assemblée nationale a failli approuver la création d'une force de police locale, après que les deux chambres ont renvoyé des propositions d'amendement constitutionnel visant à décentraliser les pouvoirs de police.
Le projet de loi vise à transférer les compétences de police d'une liste législative exclusive à une liste législative partagée, permettant ainsi aux États de créer et de gérer leurs propres forces de police. Il propose des amendements à des dispositions constitutionnelles clés, notamment les articles 197, 214 et 215.
Le Sénat ayant déjà adopté le projet de loi en deuxième lecture, les législateurs devraient profiter de la session du 23 juin pour examiner la situation sécuritaire et envisager des mesures législatives supplémentaires visant à remédier à la crise sécuritaire persistante du pays.
Cette convocation d'urgence souligne le besoin croissant, au sein des cercles gouvernementaux, de s'attaquer à l'insécurité, alors que la pression publique s'accentue en faveur d'une action plus décisive contre le terrorisme, les vols à main armée et les enlèvements.



