L’influence de la Nigerian Broadcasting Corporation a-t-elle pris fin après le rejet de son appel ?
La Cour d'appel confirme la nullité des amendes infligées aux médias.

Écrit par : Mohammed Omran
Dans un nouveau développement juridique soulignant les limites des pouvoirs réglementaires au Nigéria, la National Broadcasting Corporation (NBC) a subi un nouveau revers juridique après que la Cour d'appel de la capitale, Abuja, a rejeté son appel visant à annuler une décision antérieure qui l'empêchait d'imposer des sanctions financières aux organisations médiatiques.

La Cour d'appel confirme la nullité des amendes infligées aux médias.
La cour a rendu sa décision à l'unanimité, confirmant que le recours formé par l'autorité était juridiquement vicié en raison d'une erreur fondamentale dans l'identification du nom de l'appelant, ce qui a privé la cour de la compétence pour examiner le recours dès le départ.
La décision a été rendue en faveur de Media Rights Agenda (MRA), qui avait intenté une action en justice pour contester les amendes de cinq millions de nairas imposées par la National Broadcasting Authority à un certain nombre de chaînes de télévision et de plateformes de télévision payante pour la diffusion de documentaires sur l'escalade de la violence et de l'insécurité dans l'État de Zamfara.
Dans sa décision, la juge Jane Isinanwan Anyang a souligné que l'avis d'appel est la pierre angulaire de toute contestation judiciaire et que tout vice substantiel dans celui-ci entraîne le rejet complet de l'appel, insistant sur le fait que le tribunal ne peut exercer sa compétence que si les procédures légales ont satisfait correctement à leurs exigences.

L'affaire découle d'un arrêt rendu par la Cour suprême fédérale en janvier 2024, qui a déclaré inconstitutionnelles les amendes infligées par l'Autorité nationale de la radiodiffusion à un certain nombre d'institutions médiatiques, dont d'importantes plateformes et chaînes de télévision, considérant cette décision comme une violation de la liberté d'expression et du droit des citoyens à l'accès à l'information.
Le tribunal avait alors estimé que l'imposition de sanctions financières de cette manière outrepassait les pouvoirs de l'organisme de réglementation, d'autant plus que les sanctions relatives aux infractions pénales relèvent de la seule compétence des tribunaux en vertu du droit nigérian.
Cette décision constitue le deuxième revers juridique subi par l'Autorité nationale de la radiodiffusion cette année, après que la même Cour d'appel a rejeté en avril un autre appel interjeté par l'Autorité pour annuler une décision antérieure qui affirmait que le pouvoir d'imposer des sanctions pénales et des amendes reste le domaine exclusif du pouvoir judiciaire.

Les observateurs estiment que la récente série de décisions de justice pourrait conduire à un réexamen des pouvoirs de l'Autorité nationale de la radiodiffusion et des mécanismes de régulation des contenus médiatiques au Nigéria, dans un contexte de débat croissant sur l'équilibre entre la censure des médias et la protection de la liberté d'expression.

Les organisations de défense des droits humains et des médias considèrent ces décisions comme une étape importante vers le renforcement de l'indépendance des institutions médiatiques et la protection du droit d'accès à l'information, tandis que les autorités de régulation affirment que leurs mesures visent à préserver la sécurité nationale et à garantir que les médias respectent les normes professionnelles et juridiques.



