La guerre en Iran fait grimper le coût de la construction routière en Afrique.
Le coût élevé de la construction de routes en Afrique

Écrit par : Badr Ahmed
Les tensions et la guerre en cours au Moyen-Orient ont jeté une ombre sur le secteur des infrastructures dans plusieurs pays africains, après avoir perturbé l'approvisionnement en bitume, matière première de base utilisée dans la production d'asphalte et le revêtement des routes, entraînant une hausse des prix et une pression financière accrue sur les entreprises de construction du continent.
La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix du bitume et frappe durement les bandits de grand chemin africains.
La plupart des pays africains dépendent des importations de bitume, notamment en provenance des pays du Golfe, faute de production nationale. Face aux perturbations de certaines chaînes d'approvisionnement et à la hausse des coûts de transport, les entreprises de construction rencontrent des difficultés croissantes pour se procurer les matières premières nécessaires à la réalisation de leurs projets routiers et d'infrastructures.
À Madagascar, qui dépend presque entièrement des importations pour satisfaire ses besoins en bitume, les projets ont été directement affectés par la baisse des approvisionnements transitant par les voies maritimes traditionnelles.
Les entreprises ont été contraintes de se tourner vers des fournisseurs européens, ce qui a entraîné une augmentation des délais de livraison pouvant aller jusqu'à deux mois supplémentaires, ainsi que des hausses de prix de 40 à 50 % ces derniers mois.
Cette augmentation a entraîné des retards dans la mise en œuvre de certains projets et a alourdi la charge financière des entreprises chargées de leur exécution, qui se sont retrouvées contraintes de réorganiser leurs plans opérationnels ou de rechercher des sources de financement supplémentaires pour couvrir la hausse des coûts.

Les répercussions ne se sont pas limitées à Madagascar, la Guinée ayant également connu une hausse significative des prix du bitume, dépassant les 20 % en trois mois, ce qui a incité les entreprises routières à renégocier certains contrats gouvernementaux.
Dans les cas où les contrats ne prévoient pas d'ajustement des prix, les entreprises ont été contraintes de réduire leurs marges bénéficiaires ou de subir des pertes financières directes.
Au Cameroun, les grandes entreprises travaillant sur des projets d'infrastructure ont commencé à prendre des mesures de précaution, notamment en demandant une révision des prix des contrats gouvernementaux et en constituant des stocks stratégiques de matières premières afin d'éviter toute pénurie potentielle à l'avenir.
Les experts estiment que la crise a mis en lumière la fragilité des chaînes d'approvisionnement dont dépendent de nombreuses économies africaines et a montré comment les projets de développement local sont affectés par les développements géopolitiques mondiaux.
Ils ont également averti que la persistance des tensions au Moyen-Orient pourrait exercer une pression supplémentaire sur le secteur de la construction, notamment en raison de la hausse des prix du bitume qui coïncide avec l'augmentation des coûts du carburant et du transport, ce qui pourrait affecter le rythme des projets routiers et d'infrastructures sur le continent dans la période à venir.



