CurseurArticles d'opinion

L'UNIP PLEURE LA DÉCÈS DU DR GUY LINDSAY SCOTT : UN HOMMAGE À UN FILS ILLUSTRÉ DE LA ZAMBIE, ANCIEN PRÉSIDENT PAR INTÉRIM, VICE-PRÉSIDENT ET HOMME D'ÉTAT VÉTÉRAN.

Par le très révérend Dr Musonda Trevor Selwyn Mwamba, président du Parti uni de l'indépendance nationale (UNIP).

Au nom du Parti uni pour l’indépendance nationale (UNIP), de la nation et de la communauté démocratique mondiale, nous pleurons la mort de l’un des hommes d’État les plus illustres, fidèles et patriotes de Zambie, le Dr Guy Lindsay Scott, décédé le 15 juillet 2026 à l’âge de 82 ans.

Nous présentons nos plus sincères condoléances à son épouse, Charlotte, à toute la famille Scott et au peuple zambien en ces moments de profonde perte nationale.

Le Dr Guy Scott laisse une empreinte indélébile dans l'histoire de la Zambie. Leader exceptionnel, il a gravi les plus hauts sommets de la fonction publique, servant avec distinction comme député, ministre, vice-président et, enfin, président par intérim de la Zambie. Tout au long de ce parcours politique hors du commun, il est resté d'une humilité remarquable, profondément passionné, résolu et joyeux. Pour le Dr Guy Scott, la Zambie a toujours été sa priorité. C'était sa patrie, son champ d'action politique et son plus grand amour.

Un héritage générationnel de lutte pour la liberté

Pour comprendre pleinement le profond dévouement du Dr Scott envers notre nation, il faut se pencher sur ses origines. Le Dr Guy Scott était issu d'une fière lignée de combattants pour la liberté. Son père, le Dr Alexander “ Alec ” Scott, était une figure emblématique qui a apporté une contribution courageuse et monumentale à la lutte anticoloniale pour la liberté en Zambie. Bien avant l'indépendance, il s'était rallié aux aspirations de la majorité africaine.

Surtout, Alec Scott comprit que la libération exigeait une voix. Il mobilisa la presse au service de la cause africaine en fondant des publications progressistes et antiracistes, notamment le Central African Post en 1948, qui devint par la suite le Central African Mail. À une époque dominée par des médias fortement partiaux et pro-coloniaux, les journaux d'Alec Scott offrirent une tribune courageuse et essentielle aux nationalistes africains.

C’est cette même publication, née d’un désir de justice, qui a connu des transformations historiques pour finalement devenir le Zambia Daily Mail, journal d’État que nous connaissons aujourd’hui.

Par le biais de ses imprimeries, Alec Scott ne s'est pas contenté de relater l'histoire ; il a accueilli et soutenu activement l'avant-garde de notre libération. Sa maison et ses bureaux sont devenus des sanctuaires où des figures emblématiques du nationalisme, comme Harry Mwaanga Nkumbula et Kenneth Kaunda, ont trouvé à la fois le soutien nécessaire et une tribune puissante pour exprimer leurs idées, lutter contre la discrimination raciale et démanteler la Fédération oppressive de Rhodésie et du Nyassaland.

En donnant une voix publique et un refuge à la lutte pour la liberté, sa presse a posé les fondements intellectuels et rhétoriques de notre indépendance. Le Dr Guy Scott a hérité de cette noble lignée révolutionnaire, portant haut le flambeau de l'héritage de son père jusqu'à l'ère moderne des réformes démocratiques et du multipartisme.

Les débuts et la dynamique de MMD

Au début des années 1990, Scott dut composer avec les intenses dynamiques internes du MMD. Cette période fut marquée par des frictions, le parti luttant contre la transition majeure de l'ancien système monopartite à un cadre démocratique naissant et encore fragile. Au milieu de ces luttes de pouvoir internes et de ces affrontements idéologiques, le talent de Scott brilla de mille feux lorsqu'il fut nommé ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Pêche de 1991 à 1993.

Confronté d'emblée à la terrible “ sécheresse du siècle ” de 1992, alors que les réserves céréalières nationales étaient totalement épuisées, il refusa de se laisser distraire par les luttes intestines politiques. Avec une détermination sans faille et une clairvoyance stratégique remarquable, Scott orchestra des importations alimentaires d'urgence historiques malgré un réseau de transport régional délabré, transformant ainsi une catastrophe humanitaire nationale en une récolte record en 1993.

L'Alliance du Front Patriotique

Alors que le paysage interne du MMD devenait de plus en plus antidémocratique au tournant du millénaire, Scott forgea un partenariat politique historique avec Michael Sata. Suite au départ de Sata, par principe, du cercle restreint du MMD, les deux hommes cofondèrent le Front patriotique (PF) en 2001. Cette alliance redoutable devint l'un des partenariats les plus déterminants de l'histoire politique zambienne.

Ensemble, ils ont traversé dix années ardues dans l'opposition, transformant un parti dissident naissant en une force populiste nationale incontournable. Durant cette décennie, Scott a incarné la voix de la raison et le pilier institutionnel de l'énergie charismatique et fédératrice de Sata. Leur loyauté fraternelle inconditionnelle et leur résilience collective ont finalement propulsé le Front populaire au pouvoir en 2011, aboutissant à la nomination de Scott comme vice-président républicain.

Scott est devenu président par intérim à la suite du décès de Michael Sata en fonction le 28 octobre 2014. Cela a fait de lui le premier chef d'État d'origine européenne en Afrique depuis FW de Klerk en 1989.

La politique zambienne en noir et blanc

Il a magnifiquement retracé ces décennies tumultueuses et historiques dans sa célèbre autobiographie, « La politique zambienne en noir et blanc ». J'ai trouvé ses mémoires exceptionnellement spirituels, extrêmement instructifs et d'une grande perspicacité. Parmi ses nombreux trésors figure son récit d'une franchise réjouissante de sa toute première rencontre avec M. Frederick Chiluba au Centre international de conférences de Mulungushi, avant même que ce dernier ne devienne président de la Zambie.

Avec son humour incisif habituel, Guy a décrit Chiluba, vêtue d'une tenue d'une élégance à couper le souffle, perchée sur des chaussures à plateformes vertigineuses et parlant avec un accent américain impeccable et tonitruant. Fidèle à son esprit, Guy a fait remarquer que cet accent semblait avoir nécessité des heures de pratique méticuleuse de la part de Chiluba devant un miroir !
C’est précisément cette capacité à mêler une observation politique profonde à une perspicacité humaine affectueuse et légère qui rendait l’intellect de Scott si unique.

Un jour, le président Sata lui demanda : ‘ Que ferais-tu si tu étais noir ? ’ et il répondit avec malice : ” Je serais président ’, ce qui amusa beaucoup Sata. Scott devint par la suite président par intérim de la Zambie.

Lors d'une nouvelle rencontre avec le président Obama, il a déclaré que le président Sata et lui étaient les deux seuls présidents noirs à avoir eu des vice-présidents blancs !

Un héritage durable

La Zambie a perdu un géant, un intellectuel engagé et un serviteur dévoué qui a tout donné à sa patrie jusqu'à son dernier souffle. Nous garderons en mémoire tous ses efforts, sa chaleur humaine, son humour et son œuvre immense avec un amour et une gratitude éternels. Nous ne l'oublierons jamais.

Puisse la famille Scott, leurs amis et la nation zambienne tout entière trouver du réconfort dans son héritage durable de service et d'amour pour la patrie.

Nous confions son âme à Dieu pour qu'elle repose en paix éternelle et ressuscite dans la gloire.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page