Le manque de confiance menace la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo
De nouvelles attaques contre les équipes qui enterrent les victimes d'Ebola au Congo menacent les efforts déployés pour contenir l'épidémie.
Écrit par : Badr Ahmed
Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo sont confrontées à des défis croissants pour contenir l'épidémie d'Ebola, avec une recrudescence des violences contre les équipes d'intervention médicale et une augmentation du nombre d'infections et de décès, dans un contexte de craintes que la maladie ne se propage à de nouvelles régions.
Les attaques contre les équipes procédant à l'enterrement des victimes d'Ebola ont repris.
Dans la province du Sud-Kivu, à l'est du pays, une attaque a ciblé une équipe spécialisée dans les enterrements sûrs et dignes des victimes d'Ebola, alors qu'elle accomplissait ses fonctions dans la ville de Katana, située à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Bukavu.
Selon le ministère congolais de la Santé et les autorités locales, l'attaque a conduit des membres de la communauté locale à intervenir dans la gestion du corps d'une des victimes, ce qui représente un risque important étant donné la capacité des corps infectés à transmettre l'infection.
Cet incident témoigne d'une crise de confiance persistante entre les habitants et les autorités sanitaires, certains habitants rejetant les protocoles médicaux d'inhumation des victimes, qu'ils considèrent comme contraires aux coutumes et traditions locales.

Au moins quatre attaques ont également ciblé des centres de santé et du personnel médical ces derniers temps.
Les autorités congolaises tentent de contenir la propagation de la souche Bundibugyo du virus Ebola, tandis que le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a mis en garde contre les dangers du contact direct avec les corps des victimes.
Les résidents ont été invités à respecter les procédures d'inhumation sécuritaires afin de prévenir la transmission de l'infection et de protéger les communautés locales.
Les dernières données du ministère de la Santé font état de 363 cas confirmés du virus et de 62 décès depuis l'annonce de l'épidémie actuelle le 15 mai, soit la dix-septième épidémie de la maladie dans le pays.
Les autorités ont également enregistré 19 nouveaux cas ces dernières heures, dont deux décès, tandis que l'infection s'est propagée à 17 districts sanitaires de la province d'Ituri et à plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu.
Par ailleurs, la décision du gouvernement kényan d'autoriser les États-Unis à établir un centre de quarantaine spécifiquement destiné aux personnes atteintes d'Ebola a suscité une vive controverse dans le pays.
Le président kényan a souligné que cette décision représente une mesure humanitaire nécessaire, malgré les protestations populaires et les injonctions judiciaires exigeant l'arrêt temporaire du projet.
Cette décision intervient dans un contexte d'inquiétudes régionales quant à la propagation de l'infection au-delà des frontières du Congo, notamment après l'enregistrement de cas en Ouganda voisin.



