La montée des tensions contre les immigrants illégaux suscite l'inquiétude en Afrique du Sud.
immigrants illégaux en Afrique du Sud

Écrit par : Ayman Ragab
L’Afrique du Sud est le théâtre de tensions croissantes liées à l’immigration clandestine, tandis que des organisations de défense des droits humains et des organisations communautaires mettent en garde contre une possible aggravation des troubles si la crise n’est pas rapidement maîtrisée.
Ces événements surviennent après une vague de manifestations et d'affrontements visant les ressortissants étrangers, notamment à Durban, où des groupes anti-immigration clandestine auraient donné aux migrants sans papiers jusqu'au 30 juin pour quitter le pays.
Affrontements avec la police
À Durban, des centaines de réfugiés et d'étrangers ont été contraints de passer plusieurs nuits à l'extérieur du centre Diakonia après des affrontements avec la police près du commissariat central, confirmant qu'ils avaient quitté leurs domiciles par crainte d'une escalade des manifestations dans leurs quartiers.

Jean Potoke, du Forum des organisations de réfugiés d'Afrique du Sud, a déclaré que la situation humanitaire était devenue “ extrêmement difficile ”, expliquant que beaucoup dormaient à la belle étoile sans couvertures ni aide.
Nouvelle escalade
Selon les informations disponibles, le nombre de personnes rassemblées devant le centre d'accueil des réfugiés du ministère de l'Intérieur à Durban a dépassé les 400, et l'on craint de plus en plus une nouvelle escalade à l'approche de la fin juin.
En revanche, les groupes anti-immigration ont défendu leurs positions, insistant sur la nécessité pour les immigrants de respecter les lois sud-africaines, tout en niant les accusations d'intimidation envers les étrangers ou de les forcer à quitter leur domicile.
Les tensions se sont étendues à d'autres régions, notamment à la ville de Quincy, où des manifestations ont ciblé des magasins soupçonnés d'appartenir à des étrangers.
Taux de chômage en hausse
Les experts estiment que la hausse du chômage, la médiocrité des services publics et les crises économiques poussent certains citoyens à imputer les problèmes internes aux immigrants, au lieu de s'en prendre aux institutions gouvernementales.
De son côté, le Centre des droits de l’homme de l’Université de Pretoria a exprimé son inquiétude face à l’escalade de la violence et des intimidations à l’encontre des réfugiés et des demandeurs d’asile, avertissant que ces pratiques menacent les valeurs de la constitution sud-africaine et les obligations du pays en matière de droits de l’homme.
actes de violence
Le centre a souligné que les questions d'immigration doivent être traitées par le biais des institutions officielles et dans le cadre de la loi, insistant sur le fait que tout acte de violence ou mouvement populaire illégal ne fera qu'aggraver les tensions et l'instabilité.
Afin de contenir la crise, la coalition de sécurité gouvernementale sud-africaine a entamé des discussions urgentes sur les manifestations contre l'immigration clandestine et les tensions sociales croissantes, tout en envisageant un plan d'action national pour lutter contre l'immigration et promouvoir la cohésion sociale.



