L’Afrique observe attentivement… Macron rouvre le dossier des réparations pour l’esclavage colonial.
Paris ouvre la porte à un débat sur les compensations pour les Africains

Écrit par : Badr Ahmed
Le président français Emmanuel Macron a appelé à un débat sérieux sur la question des réparations liées aux crimes d'esclavage, soulignant que son pays ne peut ignorer ce problème historique, malgré la difficulté de réparer ce qu'il a décrit comme un crime qui ne peut être pleinement compensé.
Paris ouvre la porte à un débat sur les compensations pour les Africains
Les propos de Macron ont été tenus lors d'une cérémonie organisée dans la capitale française, Paris, pour commémorer le 25e anniversaire de la loi Taubira, adoptée par la France en 2001, reconnaissant officiellement la traite négrière et l'esclavage colonial comme un crime contre l'humanité.

Cette loi, adoptée à l'unanimité par le Parlement français le 21 mai 2001, constitue une étape historique qui a fait de la France le premier pays au monde à reconnaître officiellement que la traite transatlantique des esclaves et l'esclavage dans les colonies constituent un crime contre l'humanité.
Dans un discours abordant l'héritage de l'esclavage et ses effets qui perdurent encore aujourd'hui, Macron a déclaré : « Nous devons avoir le courage et l'honnêteté d'admettre que ce crime ne peut être pleinement réparé », mais il a souligné en même temps que la question des réparations ne devait pas être rejetée ni ignorée. .

Le président français a ajouté que le traitement de cette question exige un équilibre délicat, expliquant que la discussion sur les indemnisations ne doit pas s'accompagner de promesses fausses ou irréalistes, en référence à la sensibilité du sujet au sein de la société française et entre les pays et les anciennes colonies de la France.
Macron a également annoncé lors de cet événement que le Code noir, ensemble de décrets promulgués aux XVIIe et XVIIIe siècles pour réglementer la traite des esclaves dans les colonies françaises, sera officiellement et explicitement supprimé du droit français.
Les estimations historiques indiquent que la France était responsable d'environ 111 300 TP3T du total du commerce transatlantique d'esclaves entre les XVIe et XIXe siècles, transportant plus de 1,3 million d'Africains vers ses colonies des Amériques pour travailler dans des conditions difficiles sous le système de l'esclavage.
Bien que la France ait officiellement aboli l'esclavage en 1848 et ait par la suite reconnu les injustices historiques subies par les esclaves dans ses anciennes colonies, les gouvernements français successifs ont jusqu'à présent refusé les demandes répétées de verser une compensation financière ou de mettre en place des programmes d'indemnisation directe pour les victimes et leurs descendants.



