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La crise migratoire sud-africaine atteint l'Union africaine… Que veulent le Nigeria et le Ghana ?

Le Nigeria et le Ghana prennent des mesures au sein de l'Union africaine pour mettre fin aux violences contre les migrants en Afrique du Sud.

Écrit par : Badr Ahmed

Le Nigeria et le Ghana ont convenu de coordonner une position commune au sein de l'Union africaine afin d'exiger des mesures urgentes pour lutter contre l'escalade de la violence à l'encontre des migrants en Afrique du Sud, que les deux pays décrivent comme reflétant un phénomène anti-africaniste croissant et constituant une menace pour les principes de l'intégration et de l'unité africaines.

L'accord a été conclu lors d'une réunion bilatérale tenue en marge du sommet semestriel de la CEDEAO, où le ministre d'État nigérian aux Affaires étrangères, Sola Inekanolaye, et le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzieto Abelakwua, ont discuté des moyens d'inscrire la question à l'ordre du jour du prochain sommet de l'Union africaine.

Le Nigeria et le Ghana unissent leurs forces pour faire progresser l'Union africaine

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à œuvrer pour une réponse régionale et continentale coordonnée, considérant que les attaques contre les migrants violent la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et compromettent les objectifs de l’Union africaine visant à promouvoir la libre circulation des personnes et l’intégration économique entre les pays du continent.

Selon les deux pays, les violences en cours en Afrique du Sud ont provoqué un déplacement massif de population, contraignant quelque 150 000 étrangers à fuir le pays. Afin de protéger ses citoyens, le Nigéria a annoncé l’évacuation de 1 490 de ses ressortissants, tandis que le Ghana a rapatrié au moins 926 personnes.

La crise a assombri les relations diplomatiques avec Pretoria, le Ghana annonçant le report de la visite d'État prévue du président sud-africain Cyril Ramaphosa, arguant que les circonstances actuelles ne permettaient pas sa tenue. Le Nigeria a également condamné le meurtre de plusieurs de ses citoyens lors des violences et a exigé que les autorités sud-africaines indemnisent les victimes pour les dommages subis par leurs biens et leurs entreprises.

À l'inverse, le gouvernement sud-africain réfute toute qualification de ces événements comme une manifestation de xénophobie ou d'afrophobie. L'administration du président Cyril Ramaphosa affirme que la situation est liée à une crise migratoire interne, elle-même due à la concurrence pour l'emploi et au taux de chômage élevé, et non à un ciblage de nationalités africaines spécifiques.

Des informations indiquent que Pretoria envisage de présenter un contre-discours lors des réunions de l'Union africaine, imputant à certains pays d'Afrique de l'Ouest la responsabilité de l'aggravation des migrations en raison de difficultés économiques et de gouvernance, au moment même où les appels se poursuivent en faveur d'une solution collective à la crise qui préserve les droits des migrants et renforce la solidarité entre les pays africains.

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