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240 milliards de dollars : L'économie mobile redessine le paysage numérique africain

Contribution économique croissante

Écrit par : Mohammed Omran

Le secteur des télécommunications en Afrique connaît une transformation radicale qui va au-delà du simple développement des infrastructures pour atteindre une étape plus complexe liée à la manière dont les services numériques sont utilisés et dont on tire profit.

L'économie mobile redessine le paysage numérique de l'Afrique.

Le rapport “ Africa Mobile Economy 2026 ”, publié par la GSM Association le 16 juin, a révélé que les technologies et services mobiles ont contribué à hauteur d’environ 240 milliards de dollars à l’économie africaine d’ici 2025, soit 7,81 TP3T du PIB du continent, et que cette contribution devrait atteindre 290 milliards de dollars d’ici 2030.

 

Selon le rapport, le secteur des télécommunications en Afrique entre dans une nouvelle phase après une décennie d'expansion significative des réseaux de couverture, l'accent étant désormais mis sur l'utilisation concrète et les avantages des services numériques, compte tenu de la dépendance croissante à l'égard de l'intelligence artificielle, des services numériques et des interfaces de programmation ouvertes.

Bien que les réseaux à large bande couvrent désormais la majeure partie de la population du continent, avec seulement 91 millions de personnes restant hors du service, le défi le plus important est le fossé d'utilisation, car environ 63 millions d'Africains vivent dans des zones couvertes par les réseaux mais n'utilisent pas Internet via leur téléphone mobile.

Le rapport indique que cette réalité reflète un changement fondamental dans les priorités du secteur, où l'objectif ne se limite plus à la construction d'infrastructures, mais vise plutôt à permettre aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements de tirer pleinement parti des services numériques disponibles.

Il a également expliqué que le secteur de la téléphonie mobile est devenu l'un des moteurs les plus importants de l'économie africaine, créant environ 13 millions d'emplois et contribuant aux recettes publiques estimées à 45 milliards de dollars grâce à diverses taxes et redevances.

D’après le rapport, le secteur devrait poursuivre sa croissance, portée par l’accélération de la transformation numérique, et gagner en influence dans l’économie au cours des prochaines années.

Dans le même ordre d'idées, une étude de GSMA Intelligence a révélé que 791 000 entreprises de télécommunications en Afrique considèrent le fait de devenir des partenaires de numérisation des entreprises comme une priorité stratégique, car leur rôle ne se limite plus à fournir de la connectivité, mais s'étend au développement de plateformes numériques, de services financiers et d'outils d'intelligence artificielle, en plus de mettre leurs réseaux à la disposition des développeurs via des interfaces de programmation d'applications (API) unifiées.

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Le directeur général de la GSMA, Vivek Badrinath, a déclaré que le secteur des communications mobiles en Afrique entrait dans une nouvelle phase de développement, après avoir réussi au cours de la dernière décennie à connecter des millions de personnes et d'entreprises, et s'orientait désormais vers la création d'une plus grande valeur grâce à l'intelligence artificielle, aux services numériques et à l'innovation.

 

L'intelligence artificielle s'impose comme l'un des principaux moteurs de cette nouvelle ère, les opérateurs de réseau l'utilisant pour améliorer les performances, développer les services et optimiser l'expérience utilisateur. Cependant, le rapport souligne un défi majeur : la diversité des langues africaines. En effet, le continent compte plus de 301 000 langues parmi les plus parlées au monde, tandis que les modèles d'intelligence artificielle mondiaux reposent majoritairement sur l'anglais et des langues disposant de données limitées.

Pour relever ce défi, la GSMA a lancé des programmes visant à soutenir le développement de modèles d'IA africains basés sur des données locales, ce qui contribuera à réduire la fracture linguistique et à promouvoir l'inclusion numérique.

 

L'initiative GSMA Open Gateway prend également une importance croissante, car elle fournit des API unifiées aux opérateurs de réseau, ouvrant la voie au développement de nouveaux services dans le commerce électronique, les services financiers et le gouvernement numérique, ainsi qu'à l'amélioration de la vérification d'identité et de la prévention de la fraude.

 

Malgré ces progrès, le coût des appareils et des services reste le principal obstacle à l'augmentation des taux d'utilisation, comme le confirme le rapport : les réductions d'impôts et l'amélioration des compétences numériques sont des facteurs clés pour accélérer la diffusion de l'internet mobile.

Les prévisions indiquent que les entreprises de télécommunications investiront plus de 76 milliards de dollars dans le développement des infrastructures entre 2024 et 2030, l'utilisation de la technologie 5G devant atteindre environ 211 TP3T de communications.

Au-delà des chiffres, le rapport conclut que la prochaine bataille numérique de l’Afrique ne portera pas sur l’accès aux réseaux, mais sur la manière de les utiliser et d’en maîtriser la valeur, compte tenu d’une tendance croissante à rendre les services numériques plus accessibles et abordables afin de garantir que des segments plus larges de la société bénéficient des fruits de la transformation numérique.

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