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900 incendies en 72 heures… La Tunisie lance un appel à l’aide aérienne italienne et algérienne pour lutter contre les flammes.

Les températures ont atteint 49 degrés Celsius et des incendies ont touché les forêts et les cultures.

Écrit par : Mohammed Omran

 

En Tunisie, les forces de protection civile sont engagées dans une course contre la montre effrénée pour maîtriser une vague d'incendies sans précédent qui frappe le pays, en même temps qu'une vague de chaleur record.

Les autorités tunisiennes ont annoncé officiellement qu'au moins neuf cents incendies avaient été recensés en seulement soixante-douze heures, entre le 20 et le 22 juillet, ce qui a provoqué une mobilisation nationale générale et une demande urgente d'assistance internationale pour contenir la catastrophe.

Le responsable de la Protection civile, Khalil Mechri, a confirmé que la gravité de la situation tient au fait que les incendies se sont propagés au-delà des forêts et de la végétation pour toucher les prairies, les cultures agricoles et même les zones résidentielles. Bien que les équipes sur le terrain soient parvenues à maîtriser la plupart de ces foyers, deux importants incendies font toujours rage, notamment dans le secteur nord-ouest de Sakiet Sidi Youssef, ce qui a entraîné le déclenchement de l'alerte maximale.

 

Face à la propagation des incendies, les autorités tunisiennes ont rapidement sollicité l'aide des pays voisins. Le colonel Saifeddine Dakhlaoui, de la Protection civile, a annoncé l'arrivée d'un avion bombardier d'eau italien, qui rejoint deux appareils algériens déjà engagés dans la lutte aérienne contre les flammes. Les autorités comptent fortement sur une diminution de la vitesse du vent et de l'intensité des flammes dans les prochaines heures pour faciliter le travail des équipes de secours sur tous les fronts touchés.

Ces incendies catastrophiques sont la conséquence d'une vague de chaleur exceptionnelle qui frappe le pays, où les températures ont atteint des niveaux records, oscillant entre quarante et quarante-neuf degrés Celsius selon les régions, dépassant les moyennes saisonnières habituelles d'une différence significative pouvant atteindre quatorze degrés.

Les effets de la crise ne se sont pas limités à la nature, mais ont également exercé une forte pression sur le réseau électrique national, incitant les autorités à mettre en place un système de coupures de courant programmées afin de réduire la charge.

 

Dans ce contexte, les autorités ont révélé un autre facteur ayant contribué à l'aggravation de la crise : l'hiver dernier, marqué par de fortes pluies, a entraîné une croissance inhabituellement dense de la végétation qui, avec la sécheresse et la chaleur extrême, s'est transformée en champs d'herbes sèches hautement inflammables.

 

Les autorités estiment que les fortes pluies qu'a connues la Tunisie l'hiver dernier ont contribué à la croissance d'une végétation dense qui, avec la vague de chaleur actuelle, s'est transformée en combustible, favorisant la propagation des incendies dans de nombreuses régions.

La Direction générale des forêts a révélé que les incendies ont ravagé environ 4 400 hectares de terres forestières depuis début mai jusqu’au 23 juillet, contre 2 705 hectares au cours de la même période l’an dernier, ce qui témoigne de l’ampleur croissante de cette catastrophe environnementale.

Les autorités tunisiennes attribuent les incendies à une combinaison de négligence et d'activités criminelles, ainsi qu'à des températures record, tandis que les équipes de pompiers poursuivent leurs efforts pour empêcher la propagation des incendies à de nouvelles zones, dans un contexte de craintes que la vague de chaleur ne se poursuive dans les prochains jours.

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