Affaires AfriqueAnalyses économiquesCurseur

L’économie bleue : les pays africains parviendront-ils à transformer leurs ressources marines en moteur de croissance ?

Le continent recherche de nouveaux investissements et des emplois durables à travers les mers et les océans.

Écrit par : Mohammed Omran

 

La Semaine de l'économie bleue pour l'Afrique 2026, qui a débuté le 22 juillet et se poursuit jusqu'au 25 juillet, se déroule dans la capitale angolaise, Luanda, avec la participation de ministres, de fonctionnaires, d'experts et de représentants d'organisations régionales et internationales, afin de discuter des moyens de transformer les ressources marines et hydriques en un moteur majeur de la croissance économique et de parvenir à un développement durable sur le continent.

 

L’économie bleue : les pays africains parviendront-ils à transformer leurs ressources marines en moteur de croissance ?

 

Cet événement survient à un moment où les appels se multiplient pour une meilleure utilisation des ressources naturelles dont disposent les pays africains, d'autant plus que le continent compte plus de 38 pays côtiers et des littoraux qui s'étendent sur des milliers de kilomètres sur les océans Atlantique et Indien et les mers Rouge et Méditerranée, sans compter les fleuves et les lacs qui représentent une source importante de nourriture, d'énergie et de commerce.

Le continent recherche de nouveaux investissements et des emplois durables à travers les mers et les océans.

L'économie bleue se définit comme l'ensemble des activités économiques liées aux mers, aux océans, aux fleuves et aux lacs, visant à assurer le développement économique tout en préservant les ressources naturelles pour les générations futures. Ce secteur englobe des activités diverses telles que la pêche maritime, l'aquaculture, le transport maritime, les ports, le tourisme côtier, les énergies marines renouvelables, ainsi que les industries et services connexes.

L'Union africaine estime que l'économie bleue est l'un des secteurs à la croissance la plus rapide au monde et pourrait jouer un rôle déterminant dans la réalisation des objectifs de développement du continent si ses ressources sont exploitées durablement. Des millions de familles dans les pays africains dépendent également de la pêche et des activités maritimes comme principale source de revenus et d'alimentation.

Malgré l’énorme potentiel de l’Afrique, la contribution de l’économie bleue aux économies de nombreux pays reste inférieure aux attentes, en raison de défis liés à la faiblesse des infrastructures, au manque d’investissements, à la pêche illégale, à la pollution marine et aux impacts croissants du changement climatique sur les côtes et les ressources marines.

 

La Semaine de l'économie bleue pour l'Afrique, organisée par l'Angola, vise à faire passer les discussions de la phase d'élaboration des stratégies à la mise en œuvre pratique, en encourageant les gouvernements à lancer de nouveaux projets, en promouvant la coopération régionale et en incitant le secteur privé et les institutions financières à investir dans l'économie maritime.

 

Les participants discuteront également, lors de ces événements, du développement des ports et de leur connexion aux corridors commerciaux régionaux et internationaux, du soutien au secteur de la pêche maritime et de l'aquaculture, de la promotion du tourisme côtier, de l'investissement dans les énergies marines renouvelables, ainsi que de la lutte contre la pêche illégale et de la protection des écosystèmes marins, autant d'éléments essentiels à la réalisation d'un développement durable.

 

Le secteur du transport maritime fait l'objet d'une attention particulière lors de la conférence, car il constitue une artère vitale pour le commerce en Afrique, une part importante des exportations et importations du continent transitant par ses ports. Les participants estiment que le développement des infrastructures portuaires et des services logistiques est essentiel pour réduire les coûts du commerce et favoriser l'intégration économique entre les nations africaines, notamment dans le cadre de l'accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

La conférence met également l'accent sur l'importance de l'économie bleue pour la création d'emplois, notamment pour les jeunes, car les institutions africaines estiment que le développement des industries maritimes et des activités connexes peut contribuer à la création de milliers de nouveaux emplois, que ce soit dans le secteur de la pêche, la logistique, le tourisme ou les industries alimentaires à base de produits marins.

 

Les experts soulignent que pour tirer pleinement profit de ce secteur, il est nécessaire de moderniser la législation, de fournir les financements nécessaires aux projets, d'utiliser des technologies modernes pour la gestion des ressources marines, et de renforcer la coopération entre les pays afin de relever les défis communs, notamment la pêche illégale, la pollution marine et les répercussions du changement climatique.

 

L'organisation de cet événement par l'Angola est perçue comme une étape reflétant sa volonté de diversifier son économie, longtemps dépendante du pétrole, le gouvernement cherchant à stimuler les investissements dans les ports, les services maritimes et la pêche, augmentant ainsi la contribution des secteurs non pétroliers à l'économie nationale.

 

Alors que la Semaine de l'économie bleue africaine 2026 se poursuit jusqu'au 25 juillet, l'attention se porte sur les résultats des réunions et sur leur capacité à se traduire par des initiatives, des accords et des projets concrets, capables de transformer les énormes ressources marines et aquatiques de l'Afrique en une force économique qui soutient la croissance, crée des emplois, renforce la sécurité alimentaire et consolide la position du continent dans l'économie mondiale.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page