L'Union européenne est accusée de complicité dans la répression des migrants transitant par la Libye.
Responsabilité indirecte en cas de violations
Écrit par Ziad Abdel Fattah :
Amnesty International a accusé l'Union européenne de complicité dans violations La situation des migrants et des réfugiés en Libye est catastrophique, suite à une vaste campagne de sécurité lancée par les autorités dans l'est et l'ouest du pays ces dernières semaines.
Dans un communiqué publié mardi, l'organisation a déclaré que la campagne comprenait des arrestations massives, des détentions arbitraires et des expulsions forcées visant des centaines de migrants, notamment ceux fuyant le conflit au Soudan, sans leur donner la possibilité de demander l'asile ou de faire appel de leur décision d'expulsion.
La Libye est un important point de transit pour les migrants vers l'Europe.

La Libye est un point de transit majeur pour les migrants qui cherchent à rejoindre l'Europe via la mer Méditerranée, en particulier depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, ce qui en a fait un important foyer de crises migratoires irrégulières.
L'organisation a souligné que l'Union européenne, qui soutient financièrement et logistiquement les garde-côtes libyens, porte une responsabilité indirecte dans ces violations, étant donné que ce soutien a contribué à intercepter des migrants et à les renvoyer dans des conditions de détention inhumaines.
Diana Elahwi, directrice régionale adjointe de l'organisation pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a déclaré que “ le financement par l'UE des efforts de contrôle des migrations en Libye la rend complice d'horribles exactions ”, avertissant qu'étendre la coopération aux groupes armés de l'est du pays, accusés de violations, témoigne d'un grave mépris du droit international et des droits de l'homme.
En revanche, ni la Commission européenne ni les autorités libyennes à Tripoli ou dans l'est du pays n'ont réagi immédiatement, alors que des responsables européens avaient auparavant défendu cette coopération, soulignant qu'elle visait à réduire les migrations irrégulières et à sauver des vies en mer.
Dans ce contexte, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné la semaine dernière, dans une lettre adressée aux dirigeants de l'UE, l'importance de la poursuite de l'engagement européen en Libye, notant le nombre croissant de migrants traversant la route de la Méditerranée orientale vers la Grèce.
L'Union européenne soutient le renforcement des capacités de gestion des frontières.
Elle a expliqué que l'Union européenne apporte un soutien financier et opérationnel pour renforcer les capacités de gestion des frontières, les opérations de recherche et de sauvetage, ainsi que pour lutter contre les réseaux de passeurs et réduire le nombre de migrants en situation irrégulière.
Le commissaire européen aux migrations s'était rendu dans l'est de la Libye l'été dernier pour s'entretenir avec les autorités locales, mais il a été expulsé peu après son arrivée, ce qui témoigne de la complexité du contexte politique et sécuritaire du pays.
Ces développements mettent en lumière les défis croissants auxquels l'Europe est confrontée en matière de gestion des migrations, sur fond de critiques de plus en plus vives de la part des organisations de défense des droits humains concernant l'impact de ses politiques sur la situation des migrants dans les pays de transit.



