Salva Kiir… camarade de John Garang et premier président du Soudan du Sud
Qui est Salva Kiir ?
Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a renouvelé son engagement le gouvernement La mise en œuvre de l'accord de paix et le respect des exigences transitoires renforceront la stabilité nationale et ouvriront la voie à des élections libres et crédibles, contribuant ainsi à une transition politique pacifique au Sud-Soudan.
La santé de Salva Kiir s'étant récemment dégradée, ses apparitions publiques se sont raréfiées, tandis que des efforts sont déployés pour améliorer la situation au Soudan du Sud. De fait, son état de santé précaire soulève la question de sa succession, question qui demeure sans réponse.
Qui est Salva Kiir ?
Salva Kiir Mayardit, président du Soudan du Sud, est né en 1951 et a grandi dans une famille d'éleveurs de bétail dinka, dans l'État de Warrap, au centre-nord du Soudan du Sud. À seize ans, il a rejoint le mouvement Anyanya, un mouvement rebelle sud-soudanais qui combattait les forces soudanaises.
En 1983, il rejoint le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A) et gagne rapidement la confiance de son chef et fondateur, John Garang de Mabior. Lorsque Garang meurt subitement dans un accident d'hélicoptère en juillet 2005, quelques mois après la signature de l'accord de paix qui met fin à la deuxième guerre civile soudanaise, Kiir lui succède à la tête du gouvernement régional du Sud-Soudan.
Le Mouvement populaire de libération du Soudan a consolidé son contrôle
Sa victoire aux élections de 2010 a contribué à consolider le contrôle du Mouvement populaire de libération du Soudan sur le système politique et le référendum sur l'indépendance du pays. Il a ensuite été nommé premier président du Soudan du Sud, avec Riek Machar comme vice-président.
Le plus grand défi auquel Kiir a été confronté en tant que président a été d'unifier et d'améliorer l'efficacité de l'armée. Des années de conflit politique interne avaient conduit à la défection de certains commandants, dont beaucoup avaient créé des milices distinctes pour attaquer les forces gouvernementales, avant de rejoindre l'Armée populaire de libération du Soudan en 2006.
Kiir a réhabilité ces chefs dissidents en leur donnant de l'argent et en les nommant à des postes officiels plus élevés, mais l'Armée populaire de libération du Soudan est restée divisée selon des lignes ethniques, en particulier entre les deux plus grands groupes ethniques, les Dinka et les Nuer.
L'autre défi majeur auquel Kiir était confronté était le développement économique, les ventes de pétrole représentant environ 981 000 milliards de yuans du budget national. Cependant, de nombreuses lois adoptées après l'indépendance n'ont pas été respectées ni appliquées, notamment la loi sur l'administration du pétrole (2011).
La recherche de rentes est devenue la principale source de corruption endémique dans le pays, tant au niveau gouvernemental que local. Elle fut peut-être la cause principale des conflits politiques internes qui ont conduit le gouvernement à couper les oléoducs vers le Soudan en 2012, après la hausse des droits de transit pétrolier par le gouvernement soudanais.
Cette décision a nui aux deux pays.
En quelques mois, le Soudan du Sud a connu une forte hausse de l'inflation et des taux d'intérêt. Cette situation a exacerbé les conflits internes, aboutissant en 2013 au déclenchement d'une guerre civile entre les forces gouvernementales et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLA/M), nouvellement formé au sein de l'opposition.
Il a négocié un cessez-le-feu.
On attribue à Kiir le mérite d'avoir négocié avec succès un cessez-le-feu et mis en œuvre certaines dispositions de l'accord de paix de 2015. Cependant, la même année, il a commis une erreur fatale en promulguant un décret présidentiel divisant le pays en 28 États. Ses détracteurs y voient une prise de pouvoir par les Dinkas, qui a accentué les divisions au sein du pays et retardé la formation d'un gouvernement d'union nationale de transition, pourtant convenu en 2018.
Début 2020, Kiir fut contraint d'abroger la loi suite à une revendication essentielle de l'opposition. Cependant, la formation du gouvernement d'union nationale de transition se heurta à des obstacles, notamment des menaces de violences électorales et d'instabilité, ce qui retarda la tenue de nouvelles élections et l'adoption d'une constitution permanente.



