Le Niger se retire officiellement de la Cour pénale internationale
Une nouvelle escalade dans la confrontation avec les institutions de justice internationale
Écrit par Ziad Abdel Fattah :
Le gouvernement du Niger a officiellement soumis sa demande de retrait de Cour pénale internationaleCette décision témoigne de l'escalade des tensions entre les pays du Sahel africain et les institutions judiciaires internationales, et intervient plusieurs mois après que Niamey, ainsi que le Mali et le Burkina Faso, ont annoncé leur intention de quitter la Cour.
Les autorités nigérianes ont justifié leur décision en accusant la cour de pratiquer ce qu'elles ont qualifié de ” deux poids, deux mesures ”, considérant qu'elle était devenue un instrument au service des intérêts de certaines puissances internationales et ciblant certains pays africains plutôt que d'autres, ce qui, selon le gouvernement, contredit les principes de justice et d'égalité entre les pays.
Appels à reconsidérer les relations avec les organismes internationaux
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du rapprochement politique croissant entre les pays de l'Alliance du Sahel, qui comprend le Niger, le Mali et le Burkina Faso, où les gouvernements militaires des trois pays adoptent des positions communes à l'égard d'un certain nombre d'institutions et d'organisations internationales, malgré les appels répétés à reconsidérer la nature des relations avec les instances internationales.
La justice internationale ne reflète pas l'équilibre requis.
Les trois pays avaient précédemment annoncé leur intention de se retirer de la Cour pénale internationale, affirmant que le système judiciaire international actuel ne reflète pas l'équilibre nécessaire dans les relations entre les différents pays, et ne répond pas non plus aux demandes africaines relatives à la réforme des institutions internationales et au renforcement de la représentation du continent au sein de celles-ci.
Cette décision devrait ouvrir la voie à de larges discussions sur l'avenir des relations entre les pays du Sahel et les organisations judiciaires internationales, notamment au vu des critiques africaines croissantes adressées ces dernières années à la Cour pénale internationale, qu'on accuse de se concentrer de manière déséquilibrée sur les questions relatives au continent africain.
Dans un autre contexte, un groupe armé nigérien, fidèle à l'ancien président Mohamed Bazoum, a annoncé la libération de son chef, arrêté en Libye en février 2025, soit après plus d'un an de détention.
Le Front national de libération a été fondé un mois après le coup d'État militaire qui a renversé Bazoum en juillet 2023, le président arrivé au pouvoir par des élections démocratiques.
Depuis lors, Bazoum et son épouse sont restés détenus dans une aile du palais présidentiel de la capitale, Niamey, suite à la prise de pouvoir par le conseil militaire.
L'Armée nationale libyenne (ANL) a arrêté le chef du groupe, Mahmoud Salah, fin février 2025 lors d'un raid mené dans la ville de Qatrun, au sud de la Libye. L'ANL est dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle la majeure partie de l'est et du sud de la Libye, région frontalière du Niger.



