Pour la première fois, le Niger déchoir une femme de sa nationalité pour collaboration présumée avec une puissance étrangère.
Le conseil militaire élargit les procédures de retrait de la citoyenneté

Écrit par : Mohammed Omran
Pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir du conseil militaire, le président nigérien, le général Abdourahmane Tiani, a publié un décret déchu temporairement de sa nationalité nigérienne la citoyenne Mariama Djibrine, connue sous le nom de “ Maira ”, pour collusion avec une puissance étrangère et atteinte à la sécurité nationale.
Le général Abdourahman Tiani a signé jeudi un nouveau décret déchu temporairement de sa citoyenneté Mariama Jabrin, également connue sous le nom de Maira.
Le Niger déchoir une femme de sa nationalité pour collaboration présumée avec une puissance étrangère
Cette décision est la première visant une femme dans une série de mesures de révocation de la citoyenneté mises en œuvre par les autorités militaires depuis le coup d'État de juillet 2023, ce qui a suscité un vif intérêt au sein des milieux politiques et de défense des droits humains du pays.

Selon le décret officiel, Mariama Jabrin, née le 27 mai 1989 à Nguygme, est accusée notamment de diffusion d'informations susceptibles de perturber l'ordre public, d'incitation à la rébellion et de collusion avec des entités étrangères, accusations actuellement examinées par les autorités judiciaires compétentes.
Le conseil militaire élargit les procédures de retrait de la citoyenneté
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une politique adoptée par les autorités actuelles visant à poursuivre les individus accusés d'avoir commis des actes portant atteinte à la sécurité de l'État ou à ses intérêts stratégiques, sur la base d'une législation adoptée en 2024 qui accorde au gouvernement des pouvoirs élargis pour faire face à ce qu'il qualifie de menaces à la sécurité.
Les autorités avaient déjà déchu de leur nationalité nigérienne un certain nombre de personnalités politiques et d'anciens responsables, dont des ministres du gouvernement du président déchu Mohamed Bazoum, mais la décision de cibler une femme pour la première fois représente un développement notable dans le cours de ces procédures.

Les observateurs estiment que cette décision reflète la ligne dure que continue d'adopter le conseil militaire au pouvoir à l'égard de ses opposants et de ses critiques, au moment même où le pays subit encore les répercussions du coup d'État militaire qui a renversé le président Mohamed Bazoum en juillet 2023, lequel reste en détention à ce jour.
Les décisions de révocation de la citoyenneté suscitent une controverse croissante, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Niger, entre ceux qui les considèrent comme un outil légal pour protéger la sécurité nationale et ceux qui les perçoivent comme un moyen de faire pression sur les opposants politiques et de réduire l'espace pour l'opposition dans le pays.



