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L’Afrique est-elle en train de perdre sa bataille contre les épidémies ? Avertissements du sommet de la santé d’Accra

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme : l’Afrique risque de perdre ses acquis en matière de santé.

Écrit par : Badr Ahmed

Lors du sommet extraordinaire de l'Union africaine sur la santé, organisé à Accra, la capitale du Ghana, des responsables et des experts du secteur de la santé ont averti que le continent africain risquait de perdre les progrès réalisés ces dernières décennies dans la lutte contre les maladies infectieuses en raison de la baisse des financements internationaux et de la faiblesse des investissements locaux dans le secteur de la santé.

Dans son discours prononcé au sommet, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que les réductions de l'aide internationale, conjuguées à des dépenses nationales limitées en matière de soins de santé, menacent les efforts de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose, appelant les gouvernements africains à assumer une plus grande responsabilité dans le financement de leurs systèmes de santé.

En Afrique, on craint un recul des progrès réalisés dans la lutte contre les épidémies.

Tedros a déclaré que le renforcement des systèmes de santé devrait être au cœur des décisions prises par les pays africains, notant que l'OMS continuera à fournir un soutien technique et des orientations, mais que la volonté politique et les investissements locaux restent la responsabilité des gouvernements africains.

Ebola au Congo

Ces avertissements surviennent au moment où la République démocratique du Congo est confrontée à l'une de ses pires épidémies d'Ebola, après la découverte de l'épidémie en mai dernier suite à des semaines de propagation non détectée, dans un contexte sécuritaire et humanitaire complexe dans l'est du pays.

L'épidémie actuelle est due au virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola pour laquelle il n'existe toujours pas de vaccin ni de traitement approuvé, ce qui rend la maîtrise de la maladie plus difficile, notamment dans les zones touchées par des conflits armés et des services de santé insuffisants.

Pour sa part, la directrice exécutive du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), Winnie Byanyima, a souligné que les épidémies et les inégalités s'alimentent mutuellement dans un cercle vicieux, expliquant que les disparités socio-économiques permettent aux épidémies de se transformer en pandémies à grande échelle, tandis que les pandémies, à leur tour, aggravent les inégalités au sein des pays et entre eux.

Elle a ajouté que rompre ce cycle est l'un des plus grands défis auxquels le monde est confronté actuellement, appelant à renforcer l'équité en matière de santé et à améliorer l'accès aux services de prévention et de traitement.

Ce sommet de deux jours a porté sur les moyens de renforcer la sécurité sanitaire sur le continent en mobilisant la volonté politique, en élargissant les partenariats stratégiques et en augmentant les investissements dans la production locale de médicaments et de vaccins, réduisant ainsi la dépendance aux importations étrangères et améliorant la capacité des pays africains à répondre aux futures épidémies et urgences sanitaires.

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