L’Afrique et les Caraïbes réclament des réparations pour l’esclavage et l’annulation de la dette, face au rejet des Occidentaux.
Adoption d'un plan de rémunération complet en 19 points

Écrit par Ziad Abdel Fattah :
Dans une nouvelle escalade du conflit sur la justice historique, des pays ont exigé africain Les Caraïbes devraient présenter des excuses officielles et offrir une compensation financière de la part des pays ayant profité de la traite transatlantique des esclaves, ainsi qu'un allègement et une annulation de la dette, lors d'une conférence internationale qui se tiendra au Ghana.
Le dossier sur la justice historique met en lumière l'héritage de l'esclavage.
Ces revendications s'inscrivaient dans le cadre d'un plan d'indemnisation global en 19 points, adopté à l'issue d'une conférence de trois jours, témoignant de la dynamique internationale croissante en faveur de la réouverture du dossier sur l'héritage de l'esclavage et ses répercussions persistantes.
Le plan a été adopté par la Commission de justice compensatoire de l'Union africaine et de la Communauté caribéenne (CARICOM), sans préciser les pays tenus de présenter des excuses, mais il prévoyait la création d'un fonds mondial de compensation et la réforme des institutions financières internationales afin d'assurer une représentation plus juste des pays du Sud.
Le plan comprenait également des demandes de restitution des biens culturels pillés et des restes ancestraux, le financement d'initiatives en faveur de la justice climatique, la prise en compte des abus subis par les femmes et les filles africaines pendant l'esclavage, et un appel aux pays africains à accorder aux Africains de la diaspora le droit au retour et à faciliter leur accès à la citoyenneté.
Cette décision fait suite à une résolution des Nations Unies adoptée en mars dernier par une majorité de 123 voix, malgré l'opposition des États-Unis, d'Israël et de plusieurs pays européens, qui craignaient que cette résolution ne crée une hiérarchie dans la classification des crimes contre l'humanité.
Les partisans de cette initiative affirment qu'au moins 12,5 millions d'Africains ont été enlevés et transportés de force à travers l'Atlantique entre le XVe et le XIXe siècle, soulignant que les effets de cette époque persistent encore aujourd'hui sous la forme d'inégalités économiques et raciales.
Dans un souci d'unification des efforts, la conférence a fusionné les plans de compensation de l'Union africaine et des pays des Caraïbes en un seul document, en vue de sa présentation à l'Assemblée générale des Nations Unies.
Pour sa part, le président ghanéen John Dramani Mahama a adopté une approche équilibrée, soulignant que les générations actuelles ne portent pas la culpabilité du passé, mais plutôt la responsabilité d'y remédier, déclarant : “ L'histoire ne nous demande pas d'hériter de la culpabilité, mais plutôt d'assumer nos responsabilités. ”.
La conférence a vu la participation de nombreux dirigeants africains et caribéens, tandis que le président français Emmanuel Macron, dans une allocution en ligne, a reconnu les horreurs de l'esclavage, déclarant que les réparations ne devraient pas se limiter à des accords financiers qui règlent le problème.
Le Parlement français a récemment voté l'abrogation de lois datant de l'époque de l'esclavage, qui considéraient les personnes réduites en esclavage comme des “ biens ”, sans aborder la question des indemnisations.
Ces initiatives sont perçues comme le début d'une nouvelle phase de pressions politiques et diplomatiques visant à réévaluer l'héritage colonial, dans un contexte de divisions internationales croissantes sur la manière de traiter cette question complexe.



